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mercredi C’est un homme ordinaire. Tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Il a des activités ordinaires. Il conduit sa Twingo, il regarde le foot à la télé, Il part à son travail le matin et rentre le soir, il a une femme et des enfants, passe l’aspirateur de temps en temps, il fait son marché et la vaisselle quoiqu’un peu trop souvent à son goût. C’est un homme ordinaire, se dit-il, entre deux âges, plein de soucis professionnels et de traites à la fin du mois. Pourquoi lui ? Son métier voulait cela probablement. Ce coup de fil de sa secrétaire sur son portable, cet après midi : « Alain (il s’appelait Alain, il a une secrétaire, sa secrétaire l’appelle par son prénom) on cherche à te joindre » - « Qui çà ? » - « Un médecin légiste ! » - « ? » - « Il veut que tu le rappelle de toute urgence » - « Mais je suis en congé (il avait pris la communication en conduisant, il rentrait du macdo où il avait emmené sa belle fille, il avait pris son mercredi après midi - il connaît la faiblesse insigne de l’argument) qu’est-ce qu’il veut ? » - « il ne me l’a pas dit ! Mais c’est urgent, quand je lui ai dit que tu n’était pas là aujourd’hui, il a répondu que c’est aujourd’hui qu’il avait besoin de toi, il veut que tu le rappelles» «bon, je le rappelle, donne- moi le numéro ». Il a l’habitude de téléphoner en conduisant (il passe ses coups de fils pas urgent sur son trajet professionnel, pénible et long, de banlieue à banlieue, dans les embouteillages ou aux feu rouges, toujours un peu de temps de gagné, il court toujours après le temps), il compose le numéro au prochain feu rouge « médecin légiste, médecin légiste qu’est-ce que c’est que ça encore… » La petite joue avec le cadeau macdo de la semaine, arrimée à l’arrière. « Allo, c’est Haltman », on lui répond « Taine à l’appareil (c’est le médecin légiste de l’hôpital, c’est idiot mais ça le rassure, c’est professionnel) je t’appelle d’A* : un homme vient de tuer ses deux enfants et de se suicider, l’épouse me paraît bizarre.» - « on le serait à moins ! » « Oui, je sais mais justement elle prend tout très froidement, comme si elle n’était pas concernée, elle veut dire adieu à ces enfants, les embrasser une dernière fois, elle est trop bien, pas effondrée, tu vois ce que je veux dire, ça m’inquiète » -« je vois, oui (il baisse le ton et tente de parler par périphrases, la petite continue de jouer à l’arrière) C’est…sale ? » « Oui, très… il y en a partout » - « Elle veut entrer dans la pièce ? – « Elle ne peut pas, il y a les constatations et tout, mais plus tard, Qu’en penses-tu ? » - « je pense que non, pas du tout, au funérarium seulement, elle doit être vue (quand il dit ça il pense que les psy ne regardent pas beaucoup contrairement aux médecins légistes) pas immédiatement, ça ne servirait à rien, mais très rapidement, demain ou sous 48 heures, surtout si elle ne s’effondre pas, OK ? » - « OK, elle ne les voit pas, donc » - « non, elle ne les voit pas » - « OK, je te remercie, c’est ce que je voulais savoir » - « tu as mes coordonnées directes maintenant : on me rappelle dès que c’est nécessaire ». Il jette un coup d’œil dans le rétro, la petite joue toujours, il raccroche. Il se demande si l’échange téléphonique a bien eu lieu. Il y a des choses dans la vie qui ressemblent à un début de polar. C’est un début de polar. Seulement un début, parce que ce n’est pas un polar, c’est la vie : il n’y aura pas de suite(s). posted by grossmann | 3/30/2005Nous irons à la mer en hiver. S'il y a du soleil ce sera bien. Mais la pluie et le vent ne nous arrêteront pas. Nous nous donnerons des rendez-vous à l'aube sur des parkings et nous nous installerons dans notre petite auto. Nous nous arrêterons sur l'autoroute pour prendre des cafés et acheter des bouteilles d'eau minérale, du coq à l'âne et des sandwichs. Une fois arrivés nous nous hâterons vers la jetée voir si la mer est forte et s'il y a de grosses vagues. Nous nous assiérons pour les contempler sur des plages de gros galets pas très confortables et nous irons nous promener le long des falaises au milieu de hautes herbes sèches. Quand nous aurons faim nous nous installerons au fond des seuls petits troquets ouverts du port en cette saison avec des nappes à carreaux sur la table et avec un menu du jour, une assiette de fruits de mer et du vin blanc. Nous serons généralement les seuls clients, vu l'heure tardive et le jour de semaine. Après ce sera selon : soit le vent aura forci, les vagues auront encore grossi et nous irons les voir depuis la jetée, soit la pluie se sera mise de la partie, ruissellera au bord de ton capuchon et te gouttera sur le nez et nous irons alors visiter ou bien le musée de la Bénedictine ou bien celui des terres-neuvas. Et puis il ne sera pas loin de cinq heures et il nous faudra songer au retour. Nous monterons dans notre petite auto, nous prendrons l'autoroute en sens inverse et arriverons au milieu de la nuit noire sur notre parking. Nous nous ferons des adieux et des serments d'amour. Nous irons à la mer en hiver, à Mézilles au printemps, à Orcival en été, à Fontainebleau jusqu'à la fin des temps. posted by grossmann | 3/30/2005
mardi Une bonne "entrée" sur les blogs. Le sujet a beau être à la mode, ce n'est pas si fréquent... Je fais d'ailleurs immédiatement entrer le "Baron Perché" dans ma "Nouvelle Liste des Merveilles", prochainement en LCD (cliquez sur le lien pour comprendre, sinon, non) posted by grossmann | 3/29/2005samedi Pensée de la nuit N° 82 "L'amour est une vapeur formée de la fumée des soupirs" W Shakespeare posted by grossmann | 3/26/2005En 1834, dans l'introduction aux trois volumes intitulés "Cent vues du mont Fuji, Hokusaï écrit : "À l'âge de six ans, j'aimais copier la forme des choses et vers cinquante ans mes dessins étaient fréquemment publiés ; Mais jusqu'à l'âge de soixante-dix ans rien de ce que je n'avais dessiné n'était digne d'intérêt. À soixante-treize ans, je fus à peu près capable de me pénétrer de la croissance des plantes et des arbres, et de la structure des oiseaux, des insectes et des poissons. Ainsi, quand j’eus atteint quatre-vingts ans, j'espère avoir eu fait de croissants progrès, et à quatre-vingt-dix ans avoir vu u peu plus loin dans les principes sous-jacents des choses, si bien qu'à cent ans j'aurai atteint un stade divin de mon art et qu'à cent dix ans chacune de mes taches de couleur et chacun de mes coups de pinceau semblera vivant." La "grande vague" fait partie d'un premier recueil intitulé " trente-six vues du mont Fuji" et publié quelques années auparavant. C’est le dessin le plus célèbre d'Hokusaï : on y voit la fameuse vague bleue dressée sur une hauteur formidable, surmontée d'une dentelle d'écume blanche, menaçante comme une bête fantastique, son mouvement comme figé à son acmé, laisser le passage à un frêle esquif qu'elle pourrait très certainement engloutir comme un rien et qu'on devine dans un creux dévoilant un bout de la côte, finalement toute proche, où se découpe au loin la silhouette si reconnaissable et si attendue du mont Fuji. À Fécamp ce jour-là, ils avaient eu de la chance : le ciel était bleu rayé de longs nuages gris effilochés. La mer leur faisait fête, elle dépassait leurs attentes, elle envoyait très haut ses éclats d'écume. Elle jetait ses grosses vagues couleur d’huître contre la jetée avec une constance enthousiaste et inébranlable. Il y avait d'abord un grand boum comme un coup de canon un peu assourdi. Une ou deux secondes après la gerbe d'écume éclatante de blancheur se dressait, comme un monstre débonnaire, défiant un moment les lois de la pesanteur. Elle s'y soumettait ensuite, faute de mieux, et retombait non sans avoir copieusement éclaboussé la petite casemate derrière laquelle, toute petite, ravie mais pas trop téméraire, elle jouait à cache cache avec elle. posted by grossmann | 3/26/2005jeudi
mercredi
samedi Un haiku par bain, 9
mardi Pensée de la nuit N° 81 : "Décidément se félicite Philippe, les baisers sont comme les cornichons du bocal. Quand on parvient à obtenir le premier, le reste vien tout seul" Hervé Le Tellier, Xavier Gorce, La Chapelle Sextine posted by grossmann | 3/15/2005posted by grossmann | 3/15/2005 dimanche Je pense à samedi Un haiku par bain, 8 vendredi
mardi
lundi Enfin une version électronique de 1 00 000 000 000 000 de poèmes, qui n'a jamais attendu que le web, pas trop tôt ! (via désordre) posted by grossmann | 3/7/2005dimanche
mercredi un travail invisible un peu fastidieux enfin terminé (mais quel résultat !) : la mise en ligne de l'intégrale des aventures de Lyse Ananas, voir en LCD (la Colonne de Droite) posted by grossmann | 3/2/2005lien du jour, tout y est... (très irrégulier, le lien du jour...) posted by grossmann | 3/2/2005 |
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