CISCOBLOG
LE SITE D'UN GRAPHOMANE IMPENITENT ET INTERMITTENT


mercredi  

Un jour, j'irai voir "Falling Water". On la viste maintenant comme un musée. J'irai voir "Falling Water". S'il ya une oeuvre d'art pour laquelle je suis prêt à faire des milliers de kilomètres, c'est bien "Falling Water". On me demande de choisir un jour un seul voyage, une seule merveille, pour toute ma vie, je réponds "Falling Water", sans hésiter. Car si je ne vais pas, moi, à "Falling Water", je sais que "Falling Water", ne viendra jamais à moi. La collection Barnes l'a pourtant fait, contre toute attente, une seule fois dans toute ma vie, mais elle, elle peut se déplacer, faire des "tournées", "Fallig" Water", non. Je suis allé voir un jour une autre de mes merveilles, qui, elle non plus n'aurait jamais pu venir jusqu'à moi, c'est la Pietà de Michelange à Saint Pierre de Rome, je compte bien y retourner. Mais, pour "Falling Water" je suis prêt à braver ma peur des longures distances en avion, faire même un aller et retour d'une journée. Frank Lloyd Wright, qui ne s'est jamais mouché du pied, comme on sait, les génies sont toujours insupportables, c'est bien connu, dit de cette maison : "Falling Water est une grande bénédiction parmi celle que l'on peut recevoir ici sur terre. Je pense que rien n'a encore égalé la coordination, l'expression vibrante du principe de sérénité où forêt, rivière, rocher et tous les éléments de la construction forment une association si tranquillequ'en fait vous ne percevez aucun bruit quel qu'il soit bien que la musique du torrent existe. Vous écoutez Falling Water de la façon dont vous écoutez le calme de la campagne..." . Je ne suis jamais allé à "Falling Water" mais je pense qu'on ne peut pas mieux dire, forcément.

posted by grossmann francis | 4/30/2003


mardi  

Pensée de la nuit N° 22 :"Alors que les êtres et les choses témoignaient sans relâche de sa présence au monde et qu'il lui semblait, jour après jour, apprécier un peu mieux son sillage parmi eux, un homme découvre que tout ne répète plus, désormais, que sa propre absence. Quand et comment cette inversion s'est-t-elle opérée ? Il serait bien incapable de le dire. Certes, si douloureux soit-il, ce sentiment d'une perte est peut-être la preuve d'un regard plus aigu, auquel cas il n'avait rien vu jusque là, se dit-il. Et, à plus forte raison, comment aurait-il pu deviner ce qu'iln expérimente maintenant tous les jours : que la beauté, alors même qu'on la touche, est déchirante comme un adieu et qu'un visage ami est parfois plus douloureux qu'une plaie ouverte. Cependant cet homme va, vient et se dépense sans compter" Marcel Cohen, Faits, lecture courante à l'usage des grands débutants.

posted by grossmann francis | 4/29/2003


lundi  

décidément, le roi des collages règne bien à daysofmylife.org

posted by grossmann francis | 4/28/2003


dimanche  

Fenêtre sur cour N°17 (je pensais que la série était close : il n'en est rien ; les thèmes sont décidément inépuisables, par nature)

C'est le printemps !

posted by grossmann francis | 4/27/2003


samedi  

La cafétéria de l'hôpital de Longjumeau est comme un grand aquarium posé au milieu de la salle d'embarquement d'un aéroport de seconde zone. On peut y trouver la presse qui se presse justement sur des étagères trop exiguës, des sous-marques de jouets en mauvaise matière plastique et des meubles de jardin en guise de mobilier. C'est un exemple particulièrement raté de la campagne "d'humanisation des hôpitaux" lancée il y a douze ou quinze ans et qui peine encore à décoller. C'est essentiellement un endroit triste. On y croise des brancardiers en fin de service, des vigiles qui prennent le leur, des patients désœuvrés du "septième CD" ou du "sixième AB" accoudés au bar tout emmêlés dans leurs perfusions qu'ils ont descendue par l'ascenseur en poussant et tirant l'encombrant pied à roulette, des enfants chauves et leurs mamans aux yeux cernés et des ambulanciers entre deux courses qui lancent à la cantonade des vannes salaces sans aucun égard pour les enfants chauves et les mamans aux yeux cernés. Le café, servi dans des gobelets en plastique est bon. Surprise. Aviez-vous remarqué que le café est toujours bon dans les cafétérias d'hôpitaux ? J'ai une certaine expérience : il en est de même à Evry et à Corbeil. D'ailleurs on devrait faire un guide des cafétérias d'hôpitaux de banlieue, distribuer des étoiles (en forme de béquilles entrecroisées) je soufflerai l'idée au Routard. La cafétéria de l'hôpital de Longjumeau obtiendrait zéro béquille, celle de l'hôpital d'Evry, en revanche, en mériterait trois. C'est un lieu animé, chaleureux. Tout à fait paradoxalement, c'est le seul lieu convivial du quartier du Canal, de sinistre renommée, où se trouve l'hôpital d'Evry. Les p'tits loubs désœuvrés et sans le sou y côtoient les travailleurs affairés, ambulanciers, brancardiers, patients de l'unité psychiatrique, infirmières de médecine qui viennent commander leurs casse-croûtes de midi pour ne pas déjeuner à la cantine et internes qui se draguent pendant la pause café. Le gérant a réussi un beau pari : les jeunes s'installent à quatre ou six autour d'un seul café, vendu à prix dérisoire, restent autant qu'ils le veulent à condition de débarrasser leur table eux même et de ne pas écraser leurs cigarettes par terre. C'est un espace de paix relative qui contraste avec la violence qui règne aux urgences, à l'autre bout du bâtiment. Pour exemple : Nabil K. Il habite dans les appartements délabrés d'en face, il passe la journée là, en survêt, la casquette Nike vissée sur le crâne à causer avec chacun, l'appeler par son prénom, tenter de rire aux bon mots et taper dans la main pour dire bonjour. Le soir, quand il vient aux urgences en pantoufles, au sortir de son insomnie, parce qu'il ne supporte plus son angoisse de psychotique, qu'il a envie de taper sur sa mère parce qu'elle en a marre de le voir toute la journée sans rien faire, il est déjà tout hérissé contre l'agressivité des infirmières épuisées, il ne ressemble déjà plus au bon gars du comptoir, il est prêt à rentrer dans le lard du psychiatre de garde qui va, une fois de plus, être mis en demeure de lui rendre la pêche d'avant : "Avant la bouffée délirante, j'étais bien, j'avais la pêche, quoi. Vous pensez qu'on peut récupérer d'une bouffée délirante ? Vous pensez que je vais redevenir comme avant, retrouver la pêche ? J'ai plus jamais la pêche. Avant, j'avais la pêche, vous voyez ce que je veux dire, la pêche ? Je voudrais retrouver la pêche, comme avant, vous entendez ? Je vais la retrouver la pêche vous croyez ?" Et il va rentrer chez lui, sans la pêche, pas rassuré, pas rassurable, toujours à la recherche de cette foutue pêche irrécupérable. La nuit blanche va être longue. Nabil K. passe littéralement sa vie à l'hôpital, bon garçon, cordial, le jour, à la cafet', fou la nuit, désespéré, aux urgences. La cafétéria de Corbeil, est, elle aussi, complètement ratée. On l'a aménagée dans un couloir, en plein passage. Il faut faire la queue pour s'asseoir sur des tabourets de torture. Il n'y a pas d'espace fumeurs : on les aligne sur un banc, à l'écart, une vraie cour des miracles. On attribuera une seule béquille, à peine. Au guide des salles de garde, en revanche, celle de Longjumeau pourrait bien obtenir trois étoiles (trois bites volantes ?, trois moules en fleur ?) non pas pour ses fresques paillardes qui viennent d'être restaurées avec un soin digne de la chapelle Sixtine, mais pour la qualité roborative de sa cuisine. J'y arrive à la fin du repas à cause du fait que je ne vais tout de même pas me taper un déjeuner roboratif (j'ai remarqué qu'en garde mon appétit était décuplé, allez savoir pourquoi) tout de suite après mes deux tartines du petit déjeuner et à cause de tout le temps que j'ai passé à lire les journaux et surtout l'Equipe (j'adore, quand j'ai le temps, lire l'Equipe entièrement, d'un bout à l'autre, même les articles sur les sports orphelins (orphelins comme on dit maladies orphelines) pratiqués par deux cent personnes dans le monde, genre Polo à dos de zèbre ou jeux de quilles régionaux et dont l'Equipe met un point d'honneur à rendre compte (je parlerai un jour de ma passion pour l'Equipe, je n'en saute pas un numéro ni le mardi, ni le dimanche (depuis qu'elle paraît le Dimanche) La salle de garde de Longjumeau occupe très certainement une ancienne salle commune de l'ancien hôpital. Il y a une hauteur de plafond royale et d'immenses fenêtres. La table ( en réalité un assemblage de tables à la file les unes des autres qui forment un grand fer à cheval tout autour de la pièce) est recouverte, selon la tradition, de grands draps blancs en guise de nappe. Au milieu du petit côté, on peut apercevoir le siège, que dis-je le trône, de l'économe surmonté d'un énorme phallus en plâtre peint (le plâtre ne manque jamais dans les salles de garde à cause de la chirurgie orthopédique, ce qui explique aussi que les internes sont assez doués pour la sculpture : il y a aussi des culs en relief sur les murs, moulés certainement d'après nature ainsi que divers entre-cuisses féminins réalisés lors de chaudes soirées de tonus débridés). L'étiquette de la salle de garde est assez relâchée le week-end : on n'est pas obligé de toucher l'épaule de chaque convive en arrivant, on n'est pas obligé de s'asseoir à la file et de respecter "la quinconce", on peut parler médecine sans se faire "taxer" (faire le tour de la table à quatre pattes, par en dessous ou par au-dessus, rouler une pelle à son voisin de droite ou de gauche, chanter une chanson, offrir une bouteille de whisky, se déculotter et montrer son cul à l'assistance), on n'est pas obligé de demander la permission à l'économe avant de se lever. De toute façon, il a filé depuis longtemps dans son service faire des courbettes à l'assistant qu'il insultait probablement il y a une heure ; de plus, le café est déjà sur la table, ce qui, selon les règles, met fin à toutes les prescriptions rituelles. Les reliefs d'un déjeuner pantagruélique jonchent honteusement la table et une partie du sol. Dans un coin, une interne à lunettes, bien comme il faut, probablement pucelle, indifférente à ce désordre, termine son café et parle doctement du tiers monde avec un jeune stagiaire en dermato africain qui n'en pense pas moins, à propos des pucelles et du tiers monde. Je déblaye un autre coin de la table pour poser mon couvert. (Toujours extrait de la tentative d'épuisement du week end qu'on peut toujours lire en cliquant en LCD)

posted by grossmann francis | 4/26/2003
 

Pensée de la nuit N° 21 : "Dès lors, tout s'agite : les idées s'ébralent comme les battaillons d'une grande armée sur le terrain d'une battaille, et la battaille a lieu. Les souvenirs arrivent au pas de charge, enseingne déployés : la cavalerie légère des comparaisons se developpe par un magnifique galop ; l'artillerie de le logique accourt avec son train et ses gargousses ; les traits d'esprits arrivent en tiralleurs ; les figures se dressent, le papier se convre d'encre, car la veille commence et finit par des torrents d'eau noire comme la battaille par sa poudre noire." Honoré de Balzac : Traité des Excitants Modernes

posted by grossmann francis | 4/26/2003


vendredi  

"Sept jours" : Mercredi

Fermé le Mercredi posted by grossmann francis | 4/25/2003




jeudi  

Suite du texte inachevé du 23 avril : Je me souviens que Ludvig Wiitgenstein et Adolf Hitler avaient été dans la même classe à l'école communale. Cela m'est revenu parmi les rayons de l'Arbre à Lettres quand je suis tombé sur le livre d'Antoine Billot, "Les desarrois de l'élève Wittgenstein" publié dans la collection "l'Un et l'Autre" (elle n'a jamais si bien porté son nom) chez Gallimard. Je me permets de reproduire, sans autorisation aucune, cette phrase de Hitler, dans Mein Kampf, qu'on peut lire sur la quatrième de couverture : " A la realschule de Linz, je fis la connaissance d'un jeune juif avec lequel nous nous tenions tous sur nos gardes. Je regrette que le chercheur internationnal de vérité qu'il est devenu ne soit pas présent pour tirer enfin les leçons de l'histoire". Brr...

posted by grossmann francis | 4/24/2003
 

Dans un match Manchester United contre Real de Madrid je préfère souvent le Real

posted by grossmann francis | 4/24/2003
 

"Sept jours" : Mardi

Fermé le Mardi posted by grossmann francis | 4/24/2003


 

Les services d'urgence sont rarement agités en début de matinée. A cette heure, on fait le ménage. Les chariots des ASH prennent, dans les couloirs, la place des brancards. On achève de chasser les derniers ivrognes dégrisés et hébétés. On retape le décor à la va vite pour la prochaine représentation. C'est comme au cirque, quand on ratisse la piste. Le spectacle est permanent. On jette les draps pleins de sueur de sang et de larmes dans les conteneurs réservés à cet usage. On recharge les dévidoirs, on envoie le matériel souillé à la stérilisation. On fait place nette. Les premiers arrivants, en fin de matinée ou début d'après midi auront cette impression d'ordre de calme de propre et de froideur qu'on prête toujours aux hôpitaux. Ceux de la soirée et de la nuit auront cette vision d'horreur de souffrance d'étouffement et de cour des miracles qui en est l'image inverse et tout aussi vraie. Les infirmières, vêtues de blouses aux rayures roses, prennent le petit déjeuner dans une petite pièce à la porte entrouverte en faisant les transmissions et en échangeant des plaisanteries. C'est une heure chaleureuse, joyeuse. Aux lits-porte l'atmosphère est plus laborieuse. Les médecins font la "visite". La veille passe le relais à la garde. Ou l'inverse. Les lits-porte c'est un peu la consigne de l'hôpital. Les patients sont en souffrance : ils attendent de savoir ce que l'on va faire. Les garder ou les renvoyer chez eux. Mais pour ce matin c'est une petite dame qui m'attend, blottie seule au fond de la salle d'attente. Elle a un visage de petite fille tout rougi d'avoir trop pleuré, encadré de mèches blondes comme les blés. Elle me suit dans mon bureau. Elle est comme sidérée, confuse de chagrin. Entre hoquets et sanglots, elle me raconte cette histoire extraordinairement triste : Elle est mariée avec Alain depuis vingt ans. Elle a trois enfants : une grande fille de dix-huit ans et deux garçons, un grand qui a treize ans et un petit de six ans. Elle, on lui en donne tout juste vingt-cinq, mais sa fiche d'entrée m'apprend qu'elle en a trente-neuf. Elle travaille à la poste, avec Pascal. Elle est tombée amoureuse de Pascal. Depuis deux mois. Un coup de foudre terrible. Elle a été emportée comme par une crue. Elle est éperdue d'amour. Pascal aussi. Il est marié et a lui aussi des enfants. Elle vient de quitter Alain, c'est une décision irrévocable, elle ne peut plus vivre avec lui. Il est resté effondré à la maison. Mais elle ne veut forcer Pascal à rien. Elle est partie tout droit sans rien emporter et elle est arrivée dans cet état d'hébétude aux urgences, accompagnée par une dame qui n'a pas pu la laisser comme ça, seule dans la rue. On pourrait dire que c'est comme au cinéma ou comme dans les livres, mais pourtant ça se passe à Chilly-Mazarin par un matin d'hiver gris et ça n'a rien de romantique. Elle se croit folle, elle se demande ce qui lui arrive, pas le coup de foudre, pas son amour pour Pascal, qu'elle accepte comme son destin, mais là, çà, cette douleur insoutenable qui l'étreint et qui la rend incapable même d'embrasser ses enfants. Elle dit qu'elle sait bien qu'elle n'a rien à faire à l'hôpital, qu'elle n'est pas malade, que c'est juste une tragédie qui lui arrive, mais elle reste là, droite sur sa chaise, la tête vide, et les larmes qui dégoulinent sur ses joues, comme si, quand même, elle attendait quelque chose de moi. Et moi, à qui ses larmes donnent envie de pleurer aussi, qui aurait envie de lui dire que cette douleur de partir, je l'ai déjà ressentie, comme elle, et qu'on ne peut vraiment rien y faire mais elle le sait déjà, et qui, malgré tout, me doit rester un minimum professionnel, comme on dit, je lui dis doucement que tout ça n'a rien à voir avec une maladie, mais avec ce qu'on nomme la passion et que je ne connais rien qui fasse plus mal que la passion. Je lui dis que si elle voulait rester un moment à l'hôpital, cela n'aurait rien d'illégitime. Elle cesse alors de pleurer, me regarde et me dit qu'oui, elle veut bien rester à l'hôpital. Je la laisse un instant pour aller chercher une infirmière des lits-porte à qui je raconte rapidement toute l'histoire et qui la prend tout à fait au sérieux : les infirmières des lits-porte préfèrent largement ce genre de psychiatrie de courrier du cœur à celle de la page des faits divers. Le chagrin d'amour est une folie qui garde un visage humain, pour ainsi dire. On a tous connu ça plus ou moins, un jour ou l'autre, on se sent capable d'aider. On peut comprendre, ce n'est pas comme la schizophrénie ou la paranoïa, radicalement étrangères, qui font salement peur. Je reviens avec l'infirmière. Elle emmène la femme qui pleure vers une chambre, au fond des urgences. Je me souviens, quand je suis revenu prendre des nouvelles un peu plus tard, de son visage posé sur la blancheur de l'oreiller, toujours aussi juvénile, toujours aussi désespéré. Après j'ai fait ma visite aux lits-portes. Il y avait une vielle dame qui était ravie de se retrouver là, qui connaissait la médecine par cœur pour lui avoir donné son corps de son vivant, et qui était venu là la veille "par les pompiers" à cause de je ne sais plus quel malaise, imaginaire, comme d'habitude. Elle ne s'était jamais remise de la mort de son père, il y a trente ans au moins et c'est pour ça qu'elle avait donné son corps à la médecine, pour ne jamais le donner à un autre homme. Elle parlait de son père comme si elle avait vu son cadavre la veille, avec des sanglots retenus. Et puis il y avait le jeune Emmanuel, qui avait pris une grosse cuite. Il habitait avec sa mère parce qu'il n'était pas capable de se débrouiller tout seul. Ils ne s'entendaient plus, il disait que sa mère l'avait mis à la porte parce qu'il buvait trop. Il travaillait dans un CAT, un Centre d'Aide par le Travail, il collait des étiquettes sur des enveloppes mais ça ne semblait pas l'aider beaucoup. D'habitude, ce genre d'ivrognes on les renvoie chez eux le lendemain matin, mais là, comme il n'avait pas l'air intelligent du tout et qu'il avait parlé de son injection mensuelle de neuroleptiques-retard, on ne savait pas quoi faire de lui, il fallait l'avis du psychiatre. Comme il avait tendance à rester debout, en pyjama, au milieu du couloir sans savoir quoi faire de lui-même, ce qui, outre le fait qu'il gênait, commençait plutôt à inquiéter les infirmières, on s'apprêtait, comme il ne pouvait pas retourner chez lui, à l'envoyer à l'hôpital psychiatrique en anticipant ma bénédiction. Je ne voyais pas trop ce que l'hôpital psychiatrique pourrait faire pour lui. J'ai appelé sa mère et lui ai demandé de venir chercher son fils, ce qu'elle a trouvé tout naturel nonobstant le calvaire qu'il lui faisait vivre, mais bon, c'était une mère de psychotique, elle l'emmènerait revoir son psychiatre avant la prochaine injection. Lui, il n'avait pas très envie de retourner chez sa mère, ni au CAT, mais je ne cédai pas d'un pouce, ce qui soulagea les infirmières : du moment qu'il ne restait pas dans leurs pattes, l'hôpital psychiatrique ou la maison, c'était du pareil au même, ça me regardait. Aux lits-porte, à Longjumeau il y a deux chambres spéciales : l'une, reléguée au fond, sans fenêtres, à un lit mais sans autre meuble, qui ne ressemble que d'assez loin à une chambre d'hôpital, d'ailleurs ce n'en est pas une à vrai dire, on l'appelle le "cabanon", on y met les ivrognes à dégriser ou tout patient à qui on ne souhaite pas faciliter le séjour (SDF divers, toxicos en manque, etc.) on peut la fermer à clé. L'autre, située tout près du bureau des infirmières, est au contraire une pièce de soins intensifs suréquipée d'appareils de tous genres, avec de l'espace pour s'activer autour du lit, prélude à la réanimation. On y met plutôt des comateux, des insuffisants respiratoires aigus, rarement les patients qu'on me demande de voir. Ce matin là, c'était le monde à l'envers : le cabanon était vide et la chambre de soins intensifs occupée par un beau bébé qui s'était tellement agité la veille qu'il avait fallu pour le calmer lui injecter un traitement quasi anesthésique, ce qui justifiait la surveillance spéciale, puisqu'il était dans le coma. C'était d'ailleurs un patient de cette chère Docteur X, un psychopathe alcoolique violent, connu des urgences, qu'il ne fallait surtout pas réveiller trop brutalement, selon les infirmières et même ses propres parents, qui se tordaient les mains dans le couloir. Les parents, comme d'habitude, étaient de braves gens tout à fait dépassés. Ils s'étaient séparés quand leur fils était tout petit et avaient gardé de bonnes relations. La mère avait quitté le père parce qu'il buvait. Ça avait marché. Depuis, il avait arrêté de boire, il avait refait sa vie. Pas la mère : elle avait continué de s'occuper des enfants, les avait gardé comme des bouts de son propre corps. C'est à eux qu' elle reprochait de ne pas couper le cordon ombilical. Le père était pétri de culpabilité et la mère à bout. Son fils l'étouffait avec le cordon pas coupé. Ils n'étaient pas d'accord avec la façon dont le docteur X s'occupait de lui. Quand il ne buvait pas, c'était un ange, mais ça lui arrivait de moins en moins souvent, quasiment plus, pour ainsi dire. Ils étaient dans l'impasse et dans l'angoisse. La mère s'inquiétait pour la survie de son fils. A mon avis, il y avait de quoi, surtout si c'était le docteur X qui continuait de s'en occuper, avais-je envie d'ajouter, mais, bien sûr je ne le fis pas. Les parents ne demandaient pas qu'on les rassure, ils demandaient qu'on écoute leur souffrance. Ce que je fis, parce que c'est mon métier. Pour ce qui était du bébé, vu les doses, il semblait fort probable qu'il ne se réveillerait pas de si-tôt et qu'on avait largement le temps de patienter jusqu'à la fin du week end où il pourrait, dessaoulé, revoir le docteur X si bon lui semblait. Je ne voyais pas ce que je pouvais faire de plus. Les parents en convirent. Ils reverraient le docteur X. (extrait de "la tentative d'épuisement d'un week end" qu'on peut lire en entier en cliquant en LCD)

posted by grossmann francis | 4/24/2003


mercredi  

"Sept jours" : Lundi

Fermé le Lundi posted by grossmann francis | 4/23/2003


 

Tout le monde sait...non. Si j'écris : "tout le monde sait", je crains de froisser, et ils sont peut-être un certain nombre, ceux qui ne savent pas et qui se sentiraient pris pour des ignorants, ce qui n'est vraiment pas mon intention, loin de là, je vous assure ; je reprends, donc : Peu de gens savent...non. Si j'écris "Peu de gens savent", je prend le risque de passer pour un fat, prétentieux qui plus est, croyant détenir des informations pour happy few, prenant mes lecteurs pour des imbéciles (déjà que je n'en ai pas tant que ça, d'après XITI) et diffusant ladite information par pure condescendance. Donc je n'écrirai ni "Tout le monde sait" ni "Peu de gens savent". Je suis fasciné par Wittgenstein, Ludwig Wittgenstein (attendez, le rapport avec ce que je viens d'écrire arrive, pas tout de suite, mais dans un petit moment, en fait je veux dire dans quelques lignes mais pas deux ou trois, plutôt vingt ou trente). Je sais, je ne suis pas le seul à être fasciné par Wittgenstein. Il y a aussi Max Dora, Françoise Davoine et, bien sûr, Jacques Bouveresse.. Le problème c'est que je ne comprends pas grand chose, à son oeuvre, je veux dire (et pas non plus, peut-être, à ma fascination, d'ailleurs). J'ai éssayé à de nombreuses reprises de lire les "Investigations Philosophiques" avec le même sentiment du coureur cycliste archi-cuit qui met pied à terre à mi-chemin dans Paris-Roubaix, après en avoir vraiment bavé, voire à cinquante kilomètres de l'arrivée, ou les mêmes désagréables sensations que le cyclotouriste sur les pente asséchées du col de l'Isoard qui constate qu'il n'atteindra jamais le sommet.Quand on n'a jamais réussi à finir Paris-Roubaix, malgré plusieurs tentatives, ou à gravir le col de l'Isoard, ne serait-ce que quelques lacets qui ne font pas de vous le "Forçat de la route" que vous rêviez d'être, il faut convenir qu'on est un cycliste d'envergure assez modeste. Quand on n'a jamais réussi à finir (soit, j'avoue : même à commencer, aller plus loin que cinquante pages) les "investigations philosophiques", force est d'avouer qu'on est un philosophe très moyen. Et encore, quand je dis très moyen, pour ce qui me concerne, c'est complètement nul qu'il faudrait que je dise : il n'y a pas que Wittgenstein d'ailleurs, il y a aussi Derrida, ou Habermas ou John Rawls, tous ceux-là, je n'y comprends pas grand chose. N'allez d'ailleurs pas croire que j'ai jamais terminé un livre de Kant et, pour chercher moins moderne, ni même de Spinoza ou l'"Ethique à Nicomaque d'Aristote". Wittgenstein et les philosophes, mais Wittgenstein serait peut-être la Star, le prototype du philosophe qui met sa vie et son oeuvre perpétuellement en accord, me fascinent parce qu'ils sont capable, non seulement d'aller jusqu'au bout d'une idée, ils peuvent écrire tout un livre rien que sur une idée, mais en plus de vous y emmener avec eux, tout au bout de leurs idées. Ce sont des pros de la suite dans les idées. Des Forçats des chemins qui mènent quelque part. Moi, question suite dans les idées, ce n'est pas mon fort, à ce que vous pouvez voir présentement, vu que je n'arrête pas de me fourvoyer dans les voies sans issues. Donc, je vais tout de même éssayer d'y arriver : Wittgenstein me fascine. J'ai au moins lu sa biographie deux fois, une fois dans "Le monde tel que je l'ai trouvé" de B. Duffy, qui est plutôt un trèds bon roman (on y côtoie aussi Moore, Bertrand Russel et ses maîtresses, Lyton Trachey et Meynard Keynes) et une autre fois dans la bible du genre qu'est "Ludwig Wittgenstein : le devoir de génie" de R. Monk. Je disais donc que j'étais fasciné par Wittgenstein. Ne nous affolons pas : ce n'est tout de même pas plusieurs fois par jour, ni même tous les jours, ni toutes les semaines. Seulement voilà, chaque fois que je lis quelque chose sur Wittgenstein, dans un journal, une revue, ou que je vois son nom sur une couverture de livre mon petit coeur se met à palpiter. C'est comme je vous le dit.

(suite au prochain numéro)

posted by grossmann francis | 4/23/2003
 

Pensée de la nuit N° 20 : "Et comme quelques fois nous voyons tomber l'eau mêlée de belle neige, de même il me semblait voir leurs paroles sortir mêlées de soupirs" Dante Aligheri, Vita Nova

posted by grossmann francis | 4/23/2003


lundi  

"Sept jours" : Dimanche

Fermé le Dimanche posted by grossmann francis | 4/21/2003




samedi  

Il existe, bien sûr, des endroits où je n'ai jamais mis les pieds. On pourrait même dire que le nombre des endroits où je n'ai jamais mis les pieds est infiniment plus grand que celui des endroits où je les ai mis. Je ne sais pas si ça vous fait la même chose, en tout cas, pour moi, certains lieux que je ne connais pas me sont bien plus inconnus que certains autres, que je ne connais pas non plus. Je m'explique : Par exemple, je ne connais pas la ville de Pékin, eh bien, on peut dire que j'ai quand même une idée de la ville de Pékin : la cité interdite, la place Tien Anmen, vue à la télé avec le type tout seul face aux chars, les pousse-pousses, les vélos, les petites maisons dans de petites rues désertes avec de tout petits jardins où se cachent des intellectuels pourchassés par le régime ou des artistes interdits et interviewés par Han Sou Yin à la télé dans "Envoyé Spécial", et ainsi de suite. Je ne connais pas Toulouse, la ville rose, la ville des champions de France de Rugby, avec le quartier du Mirail qui a été construit par l'architecte Georges Candilis qui était notre voisin de dessous boulevard Saint Michel, le maire Dominique Baudis qui avait été présentateur à la télévision dans sa jeunesse et ma copine Agnès, originaire de Figeac qui y a fait ses études de médecine et milité à l'UNEF. Je ne connais pas non plus Denver, Colorado, aux Etats-unis, au milieu des Montagnes, qui a peut-être été l'hôte des jeux olympiques d'hiver dans les années soixante ou soixante dix, d'où étaient originaires les Américains avec qui nous avions projeté d'échanger notre maison du XIIIème arrondissement contre la leur avec piscine, jacuzzi et four à micro-onde, et qui étaient venus chez nous passer un mois pendant que nous étions en vacances dans les Alpes. Pas plus que Saigon, que j'ai vue des milliers de fois à la télé et au cinéma notamment dans le film "l'Amant" tiré du Roman de Marguerite Duras. Pas plus que Dantzig ou Gdansk tant de fois décrite dans les romans de Gunther Grass et avec quelle minutie. Pas plus que Belfast qui est le Principal personnage du si beau "Euréka Street" de Robert Mac Liam Wilson, Nantes qui est la ville de mon copain Paul et celle de mon équipe de foot préférée (Stade de la Beaujoire, stade Marcel Saupin, Passage Pommeret dans les BD de Tardi). Et ainsi de suite : il y a toujours quelque chose qui peut me donner une idée d'une infinité de lieux que je ne connais pas, ne serait-ce même que parce que je connais quelqu’un qui les connaît, qui m'en a parlé avec émotion un jour, ou bien avec haine (je me souviens ne jamais avoir compris ce que Jeanne, par exemple avait bien pu reprocher à la ville de Rennes pour la rejeter avec autant de violence, cependant il m'a semblé la connaître bien avant d'y mettre le pied). Il y a donc peut-être très peu de lieux que je ne connais vraiment pas, au moins par la pensée, comme on dit. Pour moi, Mantes la jolie ou Abbeville ou Vierzon ou encore Montfort-l’Amaury sont le prototype des lieux parfaitement inconnus (encore que pour Vierzon il y ait la chanson de Jacques Brel - non, c'est Vesoul - et que je sache que c'est une des villes où A* a passé son enfance). Impossible d'évoquer Macao, Valparaiso, Dallas ou Clermont-ferrand sans quelque chose ou quelqu'un qui s'y associe et peut me donner le sentiment que je l'ai visité dans une autre vie. Mais j'affirme que je ne sais rien de Mantes-la-Jolie. Je ne sais pas à quoi ressemblent les Mantes-la-joliens, quel est le costume folklorique des Mantes-la-joliennes, quelle est la couleur de leur peau, leurs mœurs et leurs coutumes, comment ils se vengent de leurs ennemis et comment ils prédisent l'avenir. Mantes-la-Jolie m'est bien plus étrangère, étrange même, que Tombouctou et bien plus que Honolulu et Petaïouschnock. Il y a bien une ville qui vous fait le même effet, à vous, non ?

posted by grossmann francis | 4/19/2003
 

"Sept jours" : Samedi

Fermé le Samedi posted by grossmann francis | 4/19/2003




jeudi  

Pensée de la nuit N°19 " En 1340, l'abbé Kenkô a écrit dans son journal : "Ce n'est pas le déclin du printemps qui amène l'été mais quelque chose de plus fort que le déclin." Il y a quelque chose d'indéclinable. Il y a une poussée qui ne connaît pas de répis. Les choses qui commencent n'ont pas de fin" Pascal Quignard, Le Passé et le jadis

posted by grossmann francis | 4/17/2003
 

Dans un match Manchester-Arsenal, je préfère toujours Arsenal

posted by grossmann francis | 4/17/2003


mercredi  

Le jour de ses quatre-vingt-cinq ans, mon père avait réuni ses enfants et ses petits-enfants dans un restaurant au pied de Montmartre. Avant que le repas ne commence, il nous conta ainsi cette histoire : « Je vais vous raconter une jolie histoire qui m'est arrivée. Mercredi dernier, comme tous les mercredis, je suis allé faire un bridge chez mon ami W. Après la partie, pour rentrer à la maison, je suis donc allé chercher ma voiture que je pensais avoir garée devant un magasin, une épicerie ou quelque chose comme ça. Bref, quand je suis arrivé, plus de voiture. J'ai cherché un peu dans le coin, pensant que peut-être que je m'étais trompé ou que j'avais oublié l'endroit où elle était garée. Je ne l'ai pas trouvée. J'ai alors pensé qu'elle avait été emmenée à la fourrière, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive et, de plus, j'ai remarqué que, si je l'avais garée devant le magasin en question, c'était sur un stationnement interdit. Par acquis de conscience, je suis entré dans la boutique, et j'ai demandé si on avait vu une R5 grise. Le Monsieur m'a répondu : "Ah, mon brave monsieur, c'était la vôtre, figurez-vous que la fourrière est passée la chercher il y a une demi-heure". Pas de chance, mais que voulez-vous, c'est comme ça à Paris. J'ai fait contre mauvaise fortune bon cœur, c'était de ma faute après tout, et je me suis mis en quête du commissariat, qui n'était pas loin, pour demander où se trouvait la fourrière. Là, un agent me dit que c'est à l'autre bout de Paris. Je commençai à trouver ça moins drôle : j'étais un peu fatigué et je ne me voyais pas faire tout le trajet en métro. Justement, après déjeuner, votre mère m'avait donné un billet de deux cents francs. Je me suis donc dit qu'il valait mieux prendre un taxi. Je me suis donc dirigé vers la station de taxi la plus proche. Il pleuvait, il y avait du monde qui attendait et pas beaucoup de taxis. Pendant qu'on était là, à faire la queue, j'avisai un taxi un peu plus loin à l'arrêt. Personne ne semblait l'avoir remarqué. J'ai quitté discrètement la queue, pour ne pas attirer l'attention, et je suis allé questionner le chauffeur qui était un gentil monsieur noir. Il m'a répondu qu'il aurait bien voulu m'emmener mais que, là, sa journée était terminée et qu'il n'avait plus le droit de transporter de clients. Je l'ai remercié et je suis retourné prendre ma place dans la queue... En même temps, je me suis fouillé machinalement et, oh stupeur, je n'ai plus trouvé le billet de deux cent francs que votre mère m'avait donné. Je l'ai cherché partout, dans mon manteau, dans mon veston, dans mes poches de pantalon. Impossible de mettre la main sur ce fichu billet ! Perdu. Je n'avais même pas de quoi m'acheter un ticket de métro! Je devais avoir l'air bien désemparé, comme ça à me tâter partout, au beau milieu de la chaussée et faire un drôle de tête, parce que j'ai vu le gentil chauffeur de taxi noir descendre de son taxi et venir vers moi. Il avait l'air plein de sollicitude. Il m'a demandé ce qui n'allait pas, si j'avais des ennuis ou si je me sentais mal. Je lui ai répondu que j'étais très embêté parce que j'avais perdu mon argent et que je ne savais pas comment diable j'allais récupérer ma voiture. Il aurait fallu que je téléphone à ma femme pour qu'elle vienne me chercher et tout ça, je me sentais tout bête, comme vous vous en doutez. Et alors là, il s'est passé quelque chose que je n'aurais jamais pu imaginer : le chauffeur de taxi noir m'a répété que malheureusement il ne pouvait pas m'emmener à la fourrière comme il me l'avait déjà expliqué mais, au lieu de retourner à son taxi, il a sorti un gros portefeuille de sa poche revolver et en a sorti un billet de deux cents francs. "Tenez, me dit-il, voilà de quoi prendre un taxi, vous allez vous fatiguer en métro, vous me rendrez l'argent plus tard." Je n'en croyais pas mes oreilles, je lui ai demandé pourquoi il faisait ça et pourquoi il venait en aide à un monsieur qu'il ne connaît même pas, il a répondu simplement qu'il m'avait vu dans les ennuis et qu qu'il ne voyait pas pourquoi il ne m'aurait pas aidé. Et d'ailleurs me dit-il "Vous auriez sûrement fait la même chose à ma place". Je n'ai pas osé lui répondre que je n'en étais pas aussi sûr que ça. Pour ce qui était de l'argent, il m'a montré un café en face où je pourrai le trouver tous les jours à midi et où je pourrai lui rendre. Je me suis senti tout à coup tout joyeux, je n'en revenais pas, je lui ai répondu qu'il était un homme d'une extraordinaire gentillesse et je l'ai félicité chaleureusement, et tout en parlant, machinalement, j'ai continué de me fouiller, et, devinez quoi, j'ai retrouvé le billet de deux cents francs dans une poche que j'avais oubliée ! Le monsieur noir s'est mis à rire et moi aussi. Je lui ai dit : " Alors ça c'est extraordinaire, venez, je vous offre un café". et nous voilà parti au café qu'il m'avait montré plus tôt. Nous avons passé un moment très sympathique à discuter, il avait l'air de connaître tout le monde. Après je suis parti chercher ma voiture à la fourrière en taxi avec le billet que votre mère m'avait donné, j'ai payé toutes les amendes et je suis rentré à la maison tout joyeux, pas du tout fatigué, réconcilié avec l'humanité et ravi d'avoir fait la connaissance d'un homme aussi bon. »

Mon père a, cette année, quatre-vingt-huit ans. Il joue toujours au Bridge, il lit toujours l'"Humanité".

posted by grossmann francis | 4/16/2003
 

Je me souviens du SINCLAIR ZX 80, mon premier ordinateur, dans les années 80 (comme son nom l'indiquait peut-être), il se branchait sur la télé, c'était une sorte de boite magique. Il avait 1Koctet de mémoire (vous avez bien lu, 1Ko). On pouvait écrire de petits programmes amusants en "Basic". Il n'y avait aucun logiciel (évidemment)

posted by grossmann francis | 4/16/2003


mardi  

Fenêtre sur cour N°16

Si, si au fond, le bas de la fenêtre... posted by grossmann francis | 4/15/2003




lundi  













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Un jour j'ai cliqué. C'est à dire, un jour, j'ai pointé la petite flèche dans le désordre (juste à côté, là dans la LCD, la colonne de droite, c'est pas loin) j'ai appuyé sur le gros pavé gauche de ma souris, et puis : rien. Rien. J'ai d'abord cru à un bug. je me suis dis " encore wanadoo qui débloque", ou quelque chose du genre " les connections rapides, on se fait toujours avoir", bref, je n'y ai pas cru. Puis à force de cliquer et recliquer, d'arrêter et redémarrer mon ordinateur (la solution des nuls en informatique), Il a bien fallu que je me rende à l'évidence. Le désordre s'était interrompu. Pas que tout, tout à coup, se soit mis en ordre, mais presque. Je ne crois pas avoir passé un jour depuis six mois sans être allé visiter ce labyrinthe merveilleux, cette crypte lovée sur elle même , cette fractale que nous concocte à peu près tous les jours Philippe de Jonkeere (alllez faire un tour sur son blog, le petit calepin, sur l'ordinateur en bas de la page d'accueil et vous verrez si le record du monde de graphomanie n'est pas battu, ou bien, faites un clic sur "la vie" et laissez vous porter par le flot d'images... Il se passe toujours quelque chose dans le désordre). Je l'ai bien cru à jamais disparu. En quelques petits mels angoissés, le désordre nous donnait, de temps à autres, de ses nouvelles dont il n'était pas sûr lui-même qu'elles étaient bonnes. L'optimisme ne regnait pas vraiment. Une sorte de deuil, sans blague. Et puis, au bout de quelques jours où le ouèbe avait perdu pour moi une bonne partie de sa saveur, il est revenu, avec un petit mail d'excuse et de mise au point dans ma boite de reception. Je ne sais pas pourquoi le sublime capharnaüm avait disparu, et je ne sais pas comment il a, vraiment, pour mon bonheur, reparu. Ces mystères me dépassent et je ne vais pas feindre d'en être l'organisateur... Mais que je suis content qu'il soit à nouveau là ! Le monde n'en tourne pas mieux, mais personne ne peut affirmer que sans désordre il n'aurait pas tourné moins bien encore.

posted by grossmann francis | 4/14/2003
 

Pensée de la nuit N° 18 :"Pourquoi les gens se fatiguent-ils à vivre quand il suffit d'une journée pour lire leur biographie ?" Patrick Besson, Un Etat d'Esprit

posted by grossmann francis | 4/14/2003


samedi  

Retour à la Défense N° 1.

Pas de soleil. Le ciel est gris très clair, lumineux, éclatant presque. Il y a une légère brume, l'air est doux. Peu de monde. Tu te promènes sur les parvis presque déserts un peu en retrait de l'Arche. Il y a une nouvelle tour pas tout à fait construite. Elle a une forme de croissant de lune très effilé incroyablement haute. Elle est percée, évidée, d'une immense trouée rectangulaire. Magnifique élégance froide. Tu aimes ce paysage minéral. C'est comme un rêve désert et dur. Sans soleil, le verre qui ne reflète rien est encore plus beau. Et puis, il y a ce côté inachevé, fin de travaux, chantier qu'on plie avant de déserter. L'inanimé ne t'angoisse pas : il veille sur toi. Logique des inverses : le vivant de la nature te manque tant. Ces tours silencieuses sont autant de sentinelles tutélaires. Tu ne rencontres aucun couple d'amoureux. De rares portugais casqués beaux comme dans les pubs pour Manpower. Le Mac Donald de la grande dalle est, lui, plein de monde, pour un samedi après-midi normal. Tu commandes un maxi Coca-Cola. Tu déplies ton journal et le lis au milieu de l'agitation et du vacarme. On dit que Glenn Gould travaillait avec la radio commerciale à plein tube. Tu descends sous terre dans le RER pour quitter les lieux. Il ne s'agit pas de nature morte, mais de monde inanimé : thème de la peinture de Giorgio de Chirico. Ceux-là, ils sont sur le quai, à Châtelet, au milieu de la foule, assis côte à côte sur les sièges bleus. Elle lui donne sa main à caresser. Leurs bouches se sourient, tout près, tout près, avant de se prendre. Quand tu penses à elle, tu ressens une immense caresse. Par exemple comme si elle te léchait la boîte crânienne par l'intérieur, tout doucement, en aspirant un peu par les trous du crâne, la fente sphénoïdale, si elle se glissait par l'aqueduc de Sylvius, longeait les trous occipitaux, passais par le trou de Monroe et le trou de Botal, non ça c'est dans le cœur. Neuf heures. Dimanche. Paris, quartier latin. Temps gris et doux. Pas de vent. Pas de tristesse. Tu traverses le Luxembourg. Tu es un promeneur d'un autre âge. Il y a quelques joggers. Sur les pelouses fraîchement tondues, les statues contemplent des foules de chaises métalliques et vides. trois merles au bec jaune se disputent à manger. Des massifs de centaines de tulipes. De hautes prairies de jonquilles fermées et toutes les nuances de vert qu'on veut. Au milieu d'un parterre de pensées jaunes et rouilles se dressent encore deux amoureux. Ils regardent fixement devant eux. C'est une victoire de Samothrace aux seins et au ventre ronds, ailes immenses et déployées, qui s'appuie sur l'épaule d'un philosophe (grec sûrement) un peu dépoitraillé et pas très bien rasé. Ils sont dressés face au boulevard, immobiles depuis toujours. Tu vas au Louvre en passant par la rue Mazarine et la rue de Seine désertes. Vieilles nostalgies d'il y a vingt ans. Cet inanimé là te remue plus le cœur. Voici que tu traverses le pont des Arts. Pourquoi n'est-elle pas avec toi ? Elle te manque, elle manque à la Seine, au gris du ciel, aux pontons, aux pierres du Louvre, aux pavés des quais, aux planches de la passerelle, aux arches du Pont Neuf, là-bas, à la coupole de l'institut, au bruit que fait le bateau-mouche dans le matin. Finalement le Louvre te fait peur, peur d'y rencontrer vos propres fantômes.. Tu traverses le jardin des Tuileries, par la terrasse au bord de la Seine, le pas plus pressé. ce jardin ne te plaît pas. Il est triste et fatigué. Toujours les mêmes joggers. Il y a aussi une atmosphère de chantier, de baraques, de terre urbaine retournée. Odeur de cette terre des villes, crayeuse, sèche et crottes de chiens. Finalement, le musée d'Orsay t'effraye moins. Vas savoir pourquoi. Tu as plus envie de voir des objets que des tableaux. Le "désir" de Maillol, un haut relief, "fugit Amor" de Rodin, l'incroyable splendeur des objets et des meubles Art Nouveau, surtout Gallé, Van de Velde. Une splendide bibliothèque en bois sculpté, ver et fer forgé. Le fer est végétal, le bois coule comme de la boue, ça se déverse, ça prolifère, ça pousse. Les pompiers. Ils sont propres, hygiéniques. Naissance de Venus, de Bouguereau : elle sent l'eau de Cologne, Tu adores ça. Aujourd'hui, tu es plus sensible aux volumes qu'aux aplats : c'est à cause du manque de son corps. Pourtant, tu t'assieds devant l'immense (on ne le sait jamais qu'il est immense, à force de le voir en reproduction) "atelier du peintre" de Courbet, surpris par la taille énorme des personnages. On n'imagine jamais assez la véritable force physique qu'il fallait pour peindre ainsi, le "chantier" qu'une toile pareille devait représenter, avec les échafaudages, les pinceaux au bout des manches à balais.. Tout près de là, ton regard accroche une femme coiffée au carré, avec une frange, rousse rouge. Tu la vois une seconde, elle. Et tu la désires. Tu perds la femme de vue presque aussitôt. On en apprend des choses : Guimard a dessiné dans son jeune temps une cheminée pour la salle des états du Puy-en-Velay...Après, tu musardes dans les beaux quartiers. Les rues du septième arrondissement. Grenelle, Saint Dominique, Bellechasse, de Lille, de Bourgogne, de Varennes. c'est toujours l'immobilité presque déserte du dimanche après-midi, quand les déjeuners de famille se font longuets et u peu lourds sur l'estomac, et que les Mercedes ou les BM attendent les convives devant les porches, pour les ramener à Auteuil, Passy, Maison Laffitte. Tiens, le musée Rodin, on entre ? Sous la voûte verte des jardins du musée, la mélancolie te retrouve un moment. Sa main quitte l'épaule qu'elle enlaçait, se pose sur le front levé vers son visage. Eternelle idole, vaine tendresse : titres de sculptures de Rodin. Paume à plat, sa main effleure son ventre, entre pubis et nombril. Tu l'empoignes de cette caresse. Retour sous les marronniers en fleur, une empreinte de la mémoire de ton enfance, toujours associée aux hannetons qui reviendront peut-être un jour. Le Luxembourg est plein de familles et de cris d'enfants joyeux : clac clac des patins à roulettes sur la piste de bitume.. Luxembourg de Proust, Mouffetard de Gripari, Butte aux cailles de Doisneau. Périmètre de tes huit ans. Et revoilà Corbeil. Les turcs debout de la Place de la Mairie.

posted by grossmann francis | 4/12/2003


vendredi  

Je me souviens des cirques Amar, Pinder et Medrano, je me souviens aussi que je suis allé au cirque d'hiver, à Paris, sur les grans boulevards, quand il était encore un cirque, je me souviens encore de l'odeur de l'urine des lions ; je me souviens aussi que, beaucoup plus tard, j'y suis allé écouter un concert mémorable de Jacques Higelin

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Avec la fenêtre ci-dessous, la boucle de la reconstitution à l'identique est presque bouclée. Manque cependant un texte sur les topinambours que je n'ai pas le courage, pour l'instant, mais ça viendra, de "reconstituer à l'identique". Je rappelle cependant qu'il y était question de deux notations extraites des "notules dominicales de culture domestique (et de villégiature exotique)" de Philippe Didion, qui ressemblent assez, comme dit mon ami Franklin, au journal de Kafka (" 14 aout 1914. La France déclare la guerre à l'Allemagne. Journée à la piscine"). la première : " Garde robe : j'achète deux chaussures identiques" ; la seconde : "jardin : la guerre risque d'être longue (les journaux), je plante des topinambours". Philippe Didion est un vrai pince sans rire. (voir en LCD)

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Fenêtre sur cour N°15

Dans la cuisine posted by grossmann francis | 4/11/2003


 













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Si comme moi, vous êtes passablement lassé de "la terre vue du ciel" de Yann Artus Bertrand et et ses hélicoptères, allez jeter un coup d'oeil sur les photos d'Alex Mc Lean qui a silloné le ciel des US dans son improbable petit coucou et joliment renouvelé le genre. J'aime particulièrement la photo de l'immeuble en forme de sac à main, avec les anses et tout. (via mes.lubies.net)

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Voulez vous voir une collections de raies ? Cliquez ici, vous ne le regretterez pas (via Geisha Asobi, la "the" mine aux trésors, kurosawaglttophonie pas obligatoire)

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Enfin, mon bouleau s'est décidé à se recouvrir de vert. Il a mis le temps, le cher bougre. Je commençais presque à désespérer. Dans la course au Printemps il est arrivé dans les bons derniers. Sans se presser. Comme pour se faire remarquer. Le voilà à nouveau qui agite des branchettes inquiètes. Le voilà, à nouveau qui éssaie de me faire signe. Cher vieux bouleau. Mais je ne suis pas sûr que mon bouleau soit vraiment un bouleau. J'en suis d'ailleurs de moins en moins sûr. Comme je l'ai déjà dit, je suis nul en arbres. Je crois bien avoir remarqué, cependant, qu'il a reverdi à peu près en même temps que les saules pleureurs qui pleurent autour du lac de Viry. Peut-être est-il donc un saule, pas pleureur donc, parce que tous les saules n'ont pas des chagrins d'amour ou ne sont pas dépressifs chroniques, mais un saule bien droit, son côté inquiet, anxieux, d'ailleurs...Quoiqu'il en soit je suis content que mon bou...saule ait retrouvé sa verdeur, cela me communique un peu de ferveur. Souvenir d'un rêve que je faisais souvent dans le temps : C'etait la fin de l'hiver, dans les rues désertes et minérales l'air se radoucissait, le ciel etait plus constamment bleu. Cependant aucun arbre ne bourgeonnait, pas la moindre trace de feuilles sur les branches grises, pas la moindre fleur au sol ; l'herbe, dans les squares restait jaune et pelée. J'errais parmi les rues désertes, interrogeant les arbres du regard et les implorant de verdir. Le monde s'interrogeait sur le mystérieux phénomène. La radio annonçait que, pour la première fois depuis l'origine des temps, le cycle des saisons s'était interrompu.Les savants s'interrogeaient pour savoir si l'hiver allait devenir éternel.

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Fenêtre sur cour N°14

Verdeur et ferveur sont les deux mamelles du bou...saule posted by grossmann francis | 4/11/2003


 













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Pensée de la nuit N° 17 "Quand j'étais jeune, j'éspérais démontrer le fonction Zèta, l'hypothèse de Riemann. Quand je suis devenu un peu plus vieux, j'ai encore eu l'espoir de pouvoir lire et comprendre une démonstration de l'hypothèse de Reimann. Maintenant, je me contenterais bien d'apprendre qu'il en existe une démonstration" André Weil

Pour une fois, je rajoute mon grain de sel : et moi, de comprendre l'hypothèse de Reimann

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Je tente donc de reconstituer, de mémoire, les textes et les photos dévorées par ce monstre de Blogger. Pour les photos, ce n'est guerre compliqué puisqu'elles sont bien à l'abri sur mon serveur ( je conserverai, pour la série la série "fenêtre sur cour" les numéros d'ordre originels). Ca va être nettement plus difficile pour les textes, que je n'avais pas sauvegardé. Il va donc falloir que je les réécrive, que je les reconstitue "à l'identique" comme on dit en architecture. Mais ce sont des "billets d'humeur", comme on dit dans les journaux. Il faudra donc, que, tel le Pierre Ménard de Borgès qui tentait de s'immerger totalement dans le monde de Cervantès pour réécrire son Quichotte, je me plonge à nouveau dans les "états d'âmes" qui m'animaient lorsque je les rédigeai directement dans la fenêtre ad hoc de ce crétin de Blogger. Je commece donc par : Fenêtre sur cour N°13


Clair obscure ou Ach, Parisse sera toujours Parisse

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 













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Un gros bug de Blogger viens de nous priver de quelques "posts", notamment des "fenêtres sur cour" N°13, 14, et 15. Bref de toute une partie des publications du mois d'avril. Toutes mes excuses. J'ai passé plusieurs demi-heures à essayer sans succès de rattraper les choses. Bon, c'est pas une catastrophe. Je les republierai plus tard. Je pense par ailleurs que si vous êtes le Blogger assidu que je suppose, elles ne vous sont pas passées inaperçues. Bonne nuit, et encore toutes mes excuses

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Pensée de la nuit N° 16 : "Dans ce grand pays américain, en 1812 déjà, les anglais avaient incendié Washington, et, deux ans plus tard, brûlé raz le capitole et la maison blanche. Ses militaires, si fiers de proclamer le "zero mort" des bombardiers engagés dans leur croisade, s'étaient-ils rappelé qu'ils ne faisaient que répéter le "O Kay" de la guerre de sécession, lorsque, au rapport, on mentionnait, laconique, le "zero killed", le "O.K.", l'absence de perte humaine dans le combat du jour ? Que vaut une vie qui ne vaut même pas d'être sacrifiée ?" Jean Clair, Court Traité des Sensations

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

J'ai trouvé cette information sensationnelle. C'est une sorte de "prière d'insérer" piteux qui circule sur le ouèbe américain. Comme c'est encore plus drôle en VO, je le reproduis tel que je l'ai trouvé (les non-shakespearoglotophones - y-en-a-t-il encore ? - peuvent toujours m'écrire pour la traduction, on verra) :

French's Mustard: Eat me! I'm not French!

Mustard-maker goes on the PR offensive amid nationwide fits of wartime anti-France fervor:
"The only thing French about French's Mustard is the name," the company announced. The mustard-maker said it felt obliged to hire a PR company to set the record straight after some media reports suggested it was being -- or should be -- boycotted because of its "French" links. A report on CNN apparently showed one restaurant replacing French's mustard with a Heinz product. "For the record, French's would like to say there is nothing more American than French's Mustard," it said, referring to its New York origins.

posted by grossmann francis | 4/11/2003
 

Fenêtre sur cour N° 16

Dans la cuisine


C'était le jour ,lorsque, au rapport, on mentionnait, laconique, le "zero killed", le "O.K.", l'absence de perte humaine dans le combat du jour ? Que vaut une vie qui ne vaut même pas d'être sacrifiée ?" Jean Clair, Court Traité des Sensations

posted by grossmann francis | 4/1/2003
 

Bonne nuit, folks. Ceci n'est pas un poisson d'avril mais un petit site très drôle qui vaut bien un coup de clic de temps en temps. Mérite la LCD immédiatement.

posted by grossmann francis | 4/1/2003
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