mardi
Je pense à
lire
le Quichotte depuis longtemps, et je ne le fais pas. Je crois que j'y
pense au moins depuis que je sais que l'histoire du chevalier fou et de
son sage suivant n'est pas un conte pour enfants mais au contraire un
gros livre qui est le père - le père, que dis-je - le père et la mère
de tous les romans. Je sais, ça impressionne. Je n'ai toujours pas lu
le Quichotte, je le confesse. C'est une grosse lacune. Je viens de lire
une entrée sur le blog de François bon qui m'a definitivement convaincu
qu'il fallait lire le Quichotte. Il raconte que Faulkner lisait le
Quichotte tous les ans : il l'ouvrait au milieu et lisait en avant ou
en arrière ce qui faisait qu'en dix ans il avait relu tout le
Quichotte. Et comme je ne suis pas Faulkner, je peux le lire au moins
une fois dans ma vie, ça serait bien. Il n'y a aucune version du
Quichotte dans ma bibliothèque, si ce n'est celle du grand Pierre
Ménard, célèbre auteur toulousain, qui a tenu la gageure de le réécrire
tout entier, sans en oublier une seule virgule et sans le recopier, en
trois ou quatre pages, chef d'oeuvre de consision, d'économie et
finalement d'écologie avant l'heure. Je la relis au moins une fois par
an dans le receuil de nouvelles publié par un obscur auteur argentin
aveugle il y a cinquante ans. Mais je n'ai pas encore lu la version
longue, celle de Cervantès. il faut que je m'y mette, un petit tour sur
Amazon et...bonsoir.
posted by grossmann |
5/31/2005
samedi
(Très long) début de roman définitivement inachevé, 3
(encore plus long en LCD, les fans l'ont déjà lu...)
Le
boulevard Saint Michel se monte (se remonte...) ou se descend. Quand je
sortais de chez moi je pouvais, soit "monter" le boulevard, m'éloigner
de la Seine, vers la rue du Val de Grâce, et plus loin, comme je l'ai
déjà dit, vers Port Royal (le métro) et Denfert (le Lion de Belfort),
soit Je pouvais le "descendre", me rapprocher de la Seine, vers la rue
Soufflot et plus loin la Sorbonne, les thermes de Cluny, et m'enfoncer
dans le "vrai" quartier latin, ses petites rues à cinémas. Mais le
Boulevard Saint Michel qui me colle à la peau et aux os, est plus
restreint : il s'étend de la rue du Val de Grâce, où nous allions
chercher le pain, à la rue Soufflot ou je bifurquais deux fois par jour
pour me rendre au lycée Henri IV caché tout en haut derrière le
Panthéon (rue Clovis), sur le trottoir des numéros impairs. Le reste,
les numéros pairs, l'autre rive, on l'appelait "en face". La traversée
du boulevard en faisait déjà un lointain Far West. D’ailleurs on
n’était plus dans le même arrondissement, on était dans le sixième, la
chaussée constituait la frontière entre le cinquième et le sixième
arrondissement. Il y avait pourtant là l'épicier "Déroches", auvergnat
à béret et grand tablier bleu, sa femme derrière la caisse, dans
l'ombre, et son fils étudiant, maniant comme il se doit, les caisses de
bouteilles de rouge. Il y avait aussi la rue Herschel ou avait habité
Gabrielle, ma première nounou, et plus loin, au-delà de la rue Auguste
Comte, qui prolonge la rue de l’Abbé de l’Epée vers le sixième, les
grilles du jardin du Luxembourg, avec les serres, la façade de l'école
des Mines et encore les grilles du Luxembourg jusqu’à la place Edmond
Rostand et ses cafés. C’est à partir de là, d’ailleurs, que le
boulevard plonge vraiment vers la Seine. Il s’incline nettement et, à
la hauteur du Lycée Saint Louis, par exemple, on peut dire que la pente
est tout à fait perceptible. En « remontant » à pied, du carrefour avec
le boulevard Saint Germain, il faut fournir, c’est vrai, un certain
effort. Mais du côté de la peau et des os, comme je disais, c’est moins
sportif, la promenade est pratiquement plate. A vrai dire, nous sommes
déjà « en haut » depuis plusieurs centaines de mètres. A propos de
Saint Germain et de Saint Michel, je les ai d’ailleurs toujours
considérés comme deux frères un peu ennemis, je veux dire les
boulevards, pas les Saints (les Saints, je doutent qu’ils se soient
jamais connus). Je sais qu’il représentent à eux deux emblématiquement
le Quartier Latin, mais, en fait, ce qui les sépare, à mon humble avis
de simple natif, est plus grand que ce qui les rapproche, en dehors du
carrefour où ils se coupent (ils sont bien obligés). J'admets qu'ils
finissent tous les deux leur trajet dans la Seine, et, même si celui du
Saint Germain y commence, de toute façon, aucun des deux n’est capable
de la traverser. J’admets aussi qu’ils bordent, l’un et l’autre, une
place célèbrissime : La Place Saint Germain des Prés pour l’un, et la
place de la Sorbonne pour l’autre, mais, à part ça, ils n’ont vraiment
pas grand chose en commun. L’un est riche et aristocrate, l’autre est
riche et seulement bourgeois. Ils se croisent, ils se saluent mais ne
s’apprécient pas vraiment : l'un reproche à l'autre de se pousser du
col, l'autre au premier de jouer les importants. L'un est catholique
pratiquant, l'autre plutôt républicain modéré. Saint Germain, bien
qu'il naisse le long des marches de la chambre des Députés, se nourrit
sur le haut de son cours, dans le septième arrondissement, des petites
rues de l'antique et royal "faubourg" qui abritent monastères replets,
couvents cossus, grandes maisons bien pensantes et hôtels particuliers
compassés, et bien qu'il reçoive la confluence turbulente de la rue
Bonaparte, des quat'zarts et de l'école de médecine qui ne sont, somme
toute, rien d'autre que ses propres rejetons et qui s'assagiront avec
l'âge, il passe le carrefour avec Saint Michel sans rien perdre de sa
morgue et la renforce même sur la fin de son parcours, après Maubert,
en infléchissant sa route vers le prestige des quais de Montebello et
de la Tournelle et gardant au passage un œil propriétaire sur Notre
Dame à travers, par exemple, les rues de Bièvre et des Bernardins.
Saint Michel, lui, droit dans ses bottes, descend joyeusement de Port
Royal où il y a une belle station de métro, à la fois souterraine et à
ciel ouvert (il faudrait parler un jour de cet excitant « brouillage »
d’espace que sont souvent les stations de métro parisiennes à l’endroit
où celui-ci se fait aérien – aérien, léger, délicat, dit-on :
Austerlitz, Denfert Rochereau, Pasteur, etc.) qui est maintenant une
station de RER. Mais « Port Royal », c’est trop vague. A cet endroit,
c’est une sorte de grande esplanade, bordée d’un côté par le centre
Jean Sarrail et la station de métro récemment repeinte en vieux rose,
et de l’autre, mais loin, à quelques centaines de mètres, par
l’embouchure de la rue d’Assas, un peu après la Closerie des Lilas,
avec des immeubles dont on n’arrive pas encore à savoir à quelle rue
ils appartiennent. Cette esplanade est bordée sur un troisième côté,
derrière une fontaine monumentale à la Carpeau, où s’ébattent les corps
charmants de force nymphes et naïades de bronze, par le début du jardin
qu’on appelle le « petit Luxembourg » qui occupe alors toute la
majestueuse largeur de l’avenue de L’Observatoire (qui est beaucoup
plus une place qu’une avenue; ainsi pourrait-on dire à l'inverse qu’à
Prague, la célèbrissime « place » Wincesclas est plus une avenue qu’une
place). Cette esplanade, je viens de l’apprendre en consultant un plan,
s’appelle la place Ernest Denis. Elle s’étend de l’Observatoire de
Paris jusqu’à la rue du Val de Grâce. C’est là que le boulevard Saint
Michel s’autonomise vraiment : Ainsi l’avenue de l’Observatoire,
directement issue de l’Observatoire de Paris, traverse la place Ernest
Denis tout droit et se divise en deux branches, l’une Ouest, qui
continue de s’appeler « avenue de l’Observatoire », avec le petit «
Luxembourg » et qui va aller butter sur les grilles du « grand » à la
hauteur de la rue Auguste Comte, l’autre, Est, qui est le boulevard
saint Michel proprement dit. Le boulevard Saint Michel est un Boulevard
« pénétrant », cher au baron Haussmann, propre à ouvrir Paris à la
troupe en cas de soulèvement populaire à mater. Il double, tout au long
de son trajet rive gauche, l’ ancestrale et moyenâgeuse rue Saint
Jacques, trop étroite, justement, pour laisser passer les escadrons de
cavalerie. Saint Jacques, bonne enfant, entretient de bonnes relations
avec Saint Michel. Elle ne lui en veut pas trop de l’escorter et lui
envie sa vigueur. Elle lui envoie d’ailleurs une multitude de petites
rues transversales qui entretiennent l’amitié : de l’Abbé de L’Épée,
Royer Collard, Cujas, du Sommerard, Saint Séverin, sans compter les
grandes, Soufflot, des Écoles. A la fin de sa course allègre, Saint
Michel, pour nous faire croire qu’il traverse la Seine, fait mine de la
franchir avec le pont Saint Michel, mais la blague est sinistre, car
sur l’autre rive, il est devenu, adulte et sévère, le boulevard du
Palais, qui borde le Palais de Justice et la préfecture de Police.
Triste et prévisible fin…Mais pourquoi ne pas dire que, Saint Michel,
résolument réfractaire à son destin, au niveau de la Place et de la
Fontaine, où se donne rendez-vous toute la jeunesse francilienne,
s’étale tout à coup, paresse et musarde, finalement s’écoule par les
côtés, sans prévenir personne, et se fait la belle par les quais rive
gauche, Saint Michel à l’Est et Grands Augustins à l’Ouest ?
posted by grossmann |
5/28/2005
Seem rather british, by those times, do I ?
posted by grossmann |
5/28/2005
Pensée de la nuit N°85 :"Kinsley
affiche une douce beauté. Il a les cheveux plus long qu'à la normale,
et ils ont l'air plus satinés, plus argentés. Comme il a minci, son
visage a retrouvé son vieux visage, qui est son visage de jeunesse." Martin Amis, Experience, Folio Gallimard
posted by grossmann |
5/28/2005
vendredi
Je me souviens,
du Wimpy du boulevard Saint michel
posted by grossmann |
5/27/2005
jeudi
Wallington
Nous avions quinze ans, filions vers Londres Par le vieux train qui venait de Croydon, Même le grand Nelson pourrait en répondre, Nous revenions à l’heure à Wallington !
En ce temps là, des Beatles en noir et blanc, Chantaient pour des ménagères en bigoudis Qui de se pâmer ne faisaient pas semblant Malgré leurs façons de vieilles ladies
Des genoux se montraient à Carnaby street Dans les parcs, après le thé, Mods et rockers Echangeaient des coups selon les anciens rites Dimanche, au bingo, on gagnait des crackers…
Oh, Combien d’années se sont-elles englouties En cet éclair où ma mémoire est blottie ?
posted by grossmann |
5/26/2005
mardi
Un Haïku par bain, 14
Un rai de lumière Réfléchi par le miroir Irise mes poils
posted by grossmann |
5/24/2005
dimanche
Ces
jours-ci, très peu de temps pour écrire. A peine plus pour lire. Plongé
depuis quelques soirs, juste avant d'éteindre, dans "Epérience" de
Martin Amis (folio Gallimard). Je trouverai toujours plus de temps pour
lire que pour écrire, même si je préfèrerais que cela soit l'inverse.
Un très grand écrivain. Non pas une autobiographie, mais un livre sur
l'autobiographie. L'autobiographie de son père, pour paraphraser Pierre
Pachet. Martin Amis est le fils d'un écrivain très connu en Angleterre,
Kingsley Amis dont je ne suis pas sur qu'on trouve de traductions en
France. J'ai une très grande admiration pour Martin Amis, comme vous le
savez peut-être déjà. C'est un écrivain terrifiant. Je ne trouve pas
d'autre mot. (je ne sais pas quelle est la traduction du mot anglais
"terrific", terrible peut-être, mais terrible veut trop dire extra, ou
super, en français) Martin Amis est un écrivain terrifiant. Et
professionnel, depuis qu'il a dix huit ans, depuis avant, même, depuis
qu'il a été conçu par son père. Né de lui juste en empruntant l'utérus
de sa mère. Il a des rapports sexuels avec l'écriture, génitaux. Sa
maîtrise de l'asymétrie et l'originalité constante de ses constructions
sont prodigieuses. Sa lecture s'apparente à la vision d'un cauchemard.
Il s'accroupit sur votre ventre la nuit. Pas une seule de ses lignes
qui ne soit "gratuite", parfaitement travaillée, mise en scène, pour
ainsi dire. C'est une sorte de cinema muet en noir et blanc, Murnau par
exemple, Nosferatu le Vampire. cela s'insinue en vous, comme le mal. A
la lecture de Martin Amis, on comprend pourquoi la censure. Lire
"Expérience" produit sur moi, justement comme son titre l'indique, une
sensation physique que je ne peux pas nommer. Il en va de même pour
chaque livre que j'ai lu de lui. Dieu merci, il en reste encore
d'autres. Je cherche à comprendre cette terreur (et je me remémore
cette phrase de JL Godard dans prénom Carmen : "la beauté c'est le
début de la terreur que nous commençons à éprouver". Ce qui n'a
strictement rien à voir avec le marquis de Sade.) Il ya quelque chose
de terrifiant dans la beauté. C'est un écrivain qui n'a pourtant rien à
voir, mais je pense aussi à Richard Ford, Indépendance, par exemple ou
Ma Mère) Je me suis aussi souvent demandé ce que faisaient les
écrivains "professionnels" comme Amis ou P. Roth ou encore Richard Ford
(que des anglo-saxon...) ou Garcia Marquez pour citer un étranger mais
américain tout de même et qui a peu moins à voir avec la terreur, en
dehors d'écrire. Vivre ? Pas sûr. Et quand alors, puisque tout le temps
est pris par l'acte d'écriture, par ce monstre à venir qui est le livre
? Et pourtant si, ils vivent même si c'est pour "la raconter". J'en
suis toujours complètement ébahi. Mais où ont-ils trouvé le temps pour
vivre ? Finalement je ne suis pas si sûr qu'ils vivent vraiment. Ils
sont morts. Ils ont vécu, d'accord, mais il y a un certain temps,
avant. Ils ne font plus que raconter. Quoi ? leur enfance pour la
plupart, ou leur jeunesse, qui leur sert de réservoir, qu'ils tournent
et retournent, étirent, plient dans tous les sens, torturent, passent à
la moulinette et j'en passe. C'est ce que Martin Amis appelle
"l'autobiographie suprême", celle qui se cache derrière tout écrivain
et que Barthes a nommé son style (mon cul !) Un jour ils vous prêtent
la clef, à l'occasion de la mort d'un proche par exemple, ou en
souvenir de celui-ci, et vous permettent de faire un tour dans leur
atelier d'écriture. sauf qu'il y fait noir comme dans un four. Par
exemple, Martin Amis a perdu une cousine à dix-huit ans victime d'un
tueur en série, ça ne s'invente pas.il a eu une tumeur de la machoire
il y a dix ans et a perdu la bouche. Il l'appelle maintenant "la
pince". L'autre chose qui me terrifie chez Amis, c'est - risqué-je le
néologisme ? Je le risque - son anglicité. c'est à dire son incroyable
degré de civilisation et de culture millénaire. Son côté meilleur du
monde et conscient de l'être. En plus c'est la vérité. De ce point de
vue les américains sont mille fois moins terrifiants que les anglais
(sauf Hubert Selby junior) qui sont effectivement - et de loin - les
meilleurs écrivains du monde. D'ailleurs, on peut dire que personne
n'écrit vraiment en dehors d'Albion. Les anglais sont les auteurs de
Shakespeare et de la traduction de la bible. Ils continuent. D'ailleurs
Martin Amis a très bien connu Robert Graves qui l'a fait sauter sur ses
genoux quand il était petit, c'est tout dire. D'ailleurs Martin Amis
rappelle qu'il est bien prescrit de ne jamais commencer un paragraphe
par le même mot. Ca tombe bien, je ne fais jamais de paragraphes. Que
faire après ça. Victor Hugo ? il a tout juste essayé d'imiter Dickens.
Etc. rien à faire contre les anglais. Après eux, il n'y a plus que des
amateurs... Ecrire, chm'écrire. Lisez Martin Amis, tiens, bonsoir.
posted by grossmann |
5/22/2005
mercredi
Deux
liens pour ce soir : le premier est un excellent billet sur les
portraits du Fayoum (il y deux mille ans, toute la peinture était déjà
peinte...) à La Boite à Images, l'autre, qui n' a rien à voir, vers le site de François Bon, le roi des graphomanes et notre maître à tous, sur le bouquin de Bob dylan, sur lequel, bien entendu vous vous êtes déjà rué...
posted by grossmann |
5/18/2005
lundi
C*G* m'envoie ce lien sur des photomontages kafkaïens. Vaut le coup d'oeil.
posted by grossmann |
5/16/2005
dimanche

J'ai
trouvé cette magnifique image de Roland Topor en nageant en eau
trouble, mais ne me souviens plus sur quel site. En tout cas pas sur celui-là qui est un tantinet agaçant bien qu'officiel.
posted by grossmann |
5/15/2005
vendredi
Décidément
ces derniers soirs, sur CISCOBLOG, tout se passe dans la colonne de
droite. Donc, mise en ligne aujourd'hui des trois premières histoires
des tours de Vigneux qui devraient, comme il se doit (cliquez) se trouver au nombre de sept au jugement dernier (ou après... ou avant). Côté
CISCORADIO, Campra succède à Granados (à se passer en boucle et laisser
tomber tout le reste...). Bientôt du plus moderne, mais ne vous
attendez tout de même pas à de la techno...
posted by grossmann |
5/13/2005
jeudi
Nouvelle liste des merveilles, avant-première

cliquez sur l'image
posted by grossmann |
5/12/2005
Aujourd'hui, mise en ligne (voir sur la colonne de droite) de "l'histoire de la rue du banquier"
que j'ai commencée il ya bien longtemps et que je n'ai toujours pas
terminée. Mais vous pouvez commencer à la lire, si le coeur vous en
dit...A suivre, évidemment.
posted by grossmann |
5/12/2005
mercredi
Un haïku par bain,13
La chaleur de l’eau Enveloppe ma peau froide Et je suis vivant
posted by grossmann |
5/11/2005
mardi
Je
les appellerai Houria et Malika, mais je dirai qu'elles ne sont pas
arabes. Je dirai qu'elles sont bosniaques, musulmanes de
l'ex-Yougoslavie. Houria aura douze ans et demi, Malika, treize. Cette
histoire se passera (A* me l'a racontée il y a quelques jours) chez
Flash' Habit, un Magasin de la rue de Paris, à Corbeil-Essonnes. C'est
un supermarché sans fioritures de fringues très peu chères, mais aussi
d'ustensiles de ménages, de vaisselle ou de linge de maison comme il y
en a dans certaines banlieues pauvres, dans l'esprit des étals de "tout
à dix francs" sur les marchés. Là, viennent faire leurs courses les
femmes des cités environnantes, La Nacelle ou Montconseil, et même les
Tarterêts qui sont un peu plus loin dans le "no man's land", vers Evry,
Houria et Malika viennent de se faire pincer en flagrant délit de vol à
l'étalage par un grand vigile, soigneusement choisi par la direction
pour sa corpulence, sa force tranquille et sa technique des arts
martiaux. Il est très jeune, les cheveux courts mais pas rasés, un beau
regard, il est vêtu d'un costume sombre et porte la cravate, ce qui lui
donne aussi un petit côté homme de main. Les deux pré-ados piaillent
leur innocence. Il les écoute avec patience. Pourtant, elles sont
insupportables : elles versent à grand bruit de grosses larmes de
crocodiles, elles jurent sur la tête de toute leur famille que jamais
au grand jamais elle n'ont volé le moindre vêtement dans ce magasin,
elles tentent d'en appeler aux autres clients, de faire passer le jeune
homme pour un horrible tortionnaire. Lui leur répond qu'en plus d'être
des voleuses, elles sont des menteuses, que c'est au moins la troisième
fois cette semaine qu'il les prend la main dans le sac, que jusque là
il a été patient et miséricordieux, qu'il a tenu compte de leur jeune
âge et tout et qu'il n'a pas appelé les flics mais que là il va le
faire parce que elles dépassent les bornes de la malhonnêteté et
qu'elles l'ont assez pris pour un imbécile. Les cris redoublent, elles
avouent le vol, disent qu'elles vont se faire tuer par leur père et
qu'en plus elles ont été obligées de voler parce qu'il ne leur donne
pas un centime pour se vêtir. Mais cette fois ci, rien n'y fait, il est
inflexible, il les a déjà averties deux fois, il va appeler la police.
Il fait son boulot à merveille, sans haine, sans s'énerver ni abuser de
son pouvoir. La scène se termine au moment où, en quittant le magasin,
on entend l'argument qui tue : "Nous sommes musulmanes comme toi, tu ne
vas pas agir contre tes propres sœurs !". Là, il manque de perdre
contenance, car justement, il est un bon musulman, lui : "Vous devriez
avoir honte de vous retrancher derrière la religion ! le Coran dit
justement qu'il ne faut pas voler, alors taisez-vous, vous êtes des
voleuses, des menteuses et en plus, vous êtes impies !". L'histoire ne
dit donc pas si, finalement, il a appelé la police. Je dirai bien que
non, tout de même, le bon vigile.
posted by grossmann |
5/10/2005
dimanche
Juste
de retour de la Barousse, petite vallée des Pyrénées. Encore du bleu
plein les yeux, et des casacdes plein les oreilles...Ciscoblog reprend,
avec encore plus d'entrain !
posted by grossmann |
5/8/2005
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