mercredi
Paris en voiture 5

hommage furtif au "Bel
autocar" de Jacques Jouet : la "montée" de Juvisy sur la nationale 7
(on ne "sent" malheureusement pas la pente de la montée, à cause de la
piètre photographie) , paysage mille fois traversé sans le voir et qui est
ma ligne de vie aussi définitivement que le Luxembourg est le berceau de
mon enfance. posted by grossmann | 6/30/2004
Je me souviens
Que les couettes n’existaient pas dans les années
soixante. Je ne parle pas des couettes de ma copine Véronique que je
tirais dans la cour de récréation, mais des couettes, sous lesquelles on
nourrit les puces et autres petites frivolités (j’apprends d’ailleurs,
dans le Robert historique, que couette vient de « petite queue » alors que
couette, attention ne pas confondre vient du latin culcita « matelas,
coussin ») Nous dormions sous des draps, tout bonnement. Au dessus, les
couvertures, en laine, et encore au-dessus, il y avait souvent un bel
édredon en plumes. Si IKEA a assis définitivement la primauté de la
couette et du couchage à la nordique sur les draps qui sentaient bon la
lavande ou l’antimite, il me semble que la mode des couettes a tout de
même envahi notre beau pays avant les années quatre vingt, date
approximative des débuts triomphaux de la marque suédoise dudit beau pays.
J’ai personnellement rencontré les couettes au cours d’un voyage hors de
France avec nos parents en Autriche, en 1965. J’avais été surpris de cette
manière d’emballer l’édredon avec le drap du dessus cousu et de l’élision
des couvertures (à l’époque il me semble bien que toutes les « housses »
de couette autrichiennes, mais peut-être aussi scandinaves ou allemandes
étaient blanches, c'est-à-dire qu’elle étaient encore des « draps de
dessus » améliorés pour pays froids. Ce n’est que plus tard, sous
l’impulsion décisive de IKEA, qu’elles se sont transformées définitivement
en ces « housses » que nous connaissons imprimées et multicolores).
J’avais trouvé ça pratique pour refaire le lit, et assez doux doux. Ce
soir, pub gratuite pour les meubles suédois...(On se souvient de ce qui
vient, c'était en traînant une crève d'été, ce matin...sous la couette. Ca
va un petit peu mieux, merci)
posted by
grossmann | 6/30/2004
lundi

image du jour piquée
à "Days of my life", prolixe, talentueux, constant, bref
incontournable. posted by grossmann | 6/28/2004
vendredi
Bien entendu, je ne vous apprends rien : les grecs ont envoyé la France
se faire voire : bon débarras, on va pouvoir enfin regarder du football
! posted by grossmann | 6/25/2004
jeudi
26 (titre provisoire), VII, suite
Leur
équipe n'étaient pas née de l'Asile. Dans les années soixante dix il y
avait eu "l'implantation préalable", un des dix commandements de la
nouvelle psychiatrie de secteur (un autre avait été, par exemple, "la
continuité des soins". Parler de continuité des soins, c'était, mine de
rien, poser la question de l'enfermement, qui était en soi déjà une
continuité, monstrueuse, certes mais une continuité tout de même. Cela
voulait dire que s'il y avait un "ailleurs" à l'asile il ne fallait pas
qu'il soit ni l'ailleurs de "la rue" ni celui de la mort. Ce qui obligeait
à travailler sur ce "quoi d'autre que l'asile?") Philippe Paumel avait dit
que la psychiatrie nouvelle ne pouvait que se pratiquer dos au mur et sans
filet : ils aimaient bien cette expression : "dos au mur", dont le double
sens ne leur échappait pas. Et puisqu'on tournait le dos aux murs, il ne
restait plus qu'à travailler "sans filet" ce qui voulait surtout dire :
sans attrape-fous. L'allusion aux trapézistes et aux funambules, à la
précarité et à la modestie foncière de leur fonction les galvanisait.
Faire "tout le contraire" de l'Asile, sans jamais caler sur l'éthique de
l'Accueil ni celle du secteur : L'insensé n'existait pas (la folie, si) et
nul ne devait être exclu en son nom. Le contraire commun à l'exclusion, à
l'abandon, à la déréliction c'était l'Accueil. Toute psychiatrie digne de
ce nom se devait de penser l'Accueil et de le pratiquer sans faille. C'est
pourquoi ils avaient inventé le Vingt-Six, lieu ordinaire et pas seulement
hospitalier. (ils aimaient aussi beaucoup cette phrase de leur copain
M.Béreau : "l'Accueil, c'est créer des espaces privés dans des lieux
communs") Etre là pour être là, et pour rien d'autre, comme disait aussi
Jean Oury, mais être là à tout moment, dans un lieu ménagé et non pas
seulement aménagé, dans un lieu équipé mais surtout par une équipe.
L'"implantation préalable" : dans les années soixante dix, il n'y avait
pas besoin de préciser préalable à quoi, ni même ce qu'il s'agissait
d'implanter préalablement. C'est de psychiatrie de secteur public qu'il
s'agissait. Implanter des réseaux, des lieux d'écoute. Tout comme le
révolutionnaire de Mao, le psychiatre de secteur se devait d'être dans le
"peuple", comme "un poisson dans l'eau". Il devait se faire familier,
offrir ses services, sa capacité de créer des liens, d'intervenir "en
amont", toujours, celle de faire surgir "les potentialités soignantes du
peuple" comme disait Bonnafé (encore un des commandements, plus tard on
édulcora un peu la formule en remplaçant "peuple" par "population"...) de
faire jouer le collectif. Implanter " les hommmes avant les murs ", le
lien avant l'exclusion, le "désaliénisme" avant l'hôpital, les lits.
D'ailleurs, avait dit Bonnafé avec ce ton d'évidence péremptoire et
faussement bonhomme qu'on lui connaissait, "les lits, en psychiatrie,
c'était une histoire à dormir debout !" posted by
grossmann | 6/24/2004
mercredi
Grande télévision : Match de football Italie-Suède-Danemark (sic) hier
soir et débat Debray-Derrida chez chez F.O. Gisberg ce soir
(resic) posted by grossmann | 6/23/2004
Pensée de la nuit N°65 : "Il faudrait inventer de l'herbe en viande
pour faire brouter les lions" Jean Marie Gourio, Brèves de comptoir
92-93 posted by grossmann | 6/23/2004
samedi
Au début de l'année 2001, 132 481 personnes portaient le même prénom
que moi. C'est une information capitale, bien entendu. Si vous voulez
savoir quel était le prénom à la mode l'année de votre naissance et
beaucoup d'autres choses aussi essentielles, cliquez ici. Sinon,
non. posted by grossmann | 6/19/2004
mercredi
Celui là, je vais tout de
même attendre un petit peu, pour le principe, avant de le placer en LCD
(La (toujours)Colonne de Droite), mais il est assez prometteur, il a sa
chance... posted by grossmann | 6/16/2004
Je me souviens de Mouna
Aguigui posted by grossmann | 6/16/2004
mardi
Vous prendrez bien une petite liste de pléonasmes
? (via Echolaliste, of course) posted
by grossmann | 6/15/2004
Si vous commencez à jouer avec ça,
vous ne pourrez plus vous arrêter, je vous aurai prévenu posted by grossmann | 6/15/2004

vu à la télé ce soir (j'ai triché
: j'ai photographié le ralenti...) posted by
grossmann | 6/15/2004
vendredi
26 (titre provisoire), VII
Les ordinateurs
n’existaient pas en ces temps-là. Félix confectionnait la grille un ou
deux jours avant. Il prenait une double page à petit carreau, la disposait
dans le sens de la hauteur et y traçait à la règle et au crayon noir deux
séries de quatre longues cases qui correspondaient aux semaines. A chaque
fois, il y avait huit semaines. Il divisait chacune de ces cases en deux
dans le sens de la largeur : les jours et les nuits. Puis, avec de petites
barres verticales, il délimitait les sept jours de la semaine. Il notait
soigneusement la date sous chaque case. Pas d’erreur possible. Chaque
nouvelle grille était rigoureusement identique à la précédente (il n’ a
jamais pensé à photocopier ses gabarits. Il aimait tout faire à la main).
Il la collait dans une chemise de couleur qui variait tous les deux mois.
Les chemises étaient toutes conservées dans le tiroir du bureau. On
pouvait s’y référer à tout moment. Félix était un des inventeurs du
roulement du 26 et de la répartition du temps de leur travail. Ca n’a
l’air de rien, mais il faut un grand esprit de synthèse et une grande
inventivité pour mettre au point cette mécanique qui ne doit jamais se
gripper. On couvre le temps comme on couvre un toit : les tuiles doivent
s’ajuster au mieux. Si elles se chevauchent trop, il finit par pleuvoir
dans la maison. Au fil du temps, ils avaient acquis la certitude que le
Vingt Six tenait toute son originalité du roulement de Félix et qu’on
avait beau dire tout ce qu’on voulait sur le traitement de la crise et la
psychothérapie communautaire, c’était le « roulement » qui avaient façonné
le plus incontestable de leur pratique (de même qu'on pouvait dire que
c'était les "factions" qui avaient façonné la pratique de l'asile, en
partie.) Le jour du roulement, tous les deux mois, était un jour sacré. On
ne peut pas dire mieux. C'était le jour où l'on ne faisait que remplir les
petites cases de Félix. Aucun d’entre eux ne le manquait sauf événement
grave ou vacances. On était encore au temps des trente neuf heures. Dans
les usines, ou à l’hôpital, en ce temps-là, on faisait encore les trois
huit. Il y avait l’équipe du matin, celle d’après midi et celle de nuit
(la veille et la garde) et les gens passaient selon des procédures
compliquées d’une équipe à l’autre pour se partager « équitablement » non
seulement chacun des veilles et des gardes mais aussi les samedis et les
dimanches(ce qui soit dit en passant n’est même plus le cas de nos jours :
les équipes sont fixes, parfois pour des années) Il y a cent soixante huit
heures dans une semaine. Sept fois vingt quatre. Chaque roulement était un
cycle de huit semaines. Il y avait trois types de semaines : les semaines
"lourdes" qui comptaient obligatoirement un jour de week end, samedi ou
dimanche et le vendredi soir (sans quoi personne ne l'aurait choisi...) et
qui revenanient deux fois, les semaines "légères" qui ne comptaient pas de
travail de week end et qui revenaient elles aussi deux fois, et les
semaines "dites hors astreinte" où l'on habitait pas la maison, qui
revenaient quatre fois. les semaine "hors astreinte" étaient elles même de
deux types (plus celle qui servait de vacances, si on y avait droit) :
l'une était "légère", elle aussi et comptait environ quinze heures (les
semaines lourdes comptant quarante huit heures d'"astreinte", il fallait
bien compenser, car il n'était pas possible de "poser" des heures
supplémentaires ou de nuit, qui étaient par ailleurs "forfaitisées" dans
le salaire), l'autre était "lourde", comptait quarante heures réparties
sur cinq jours et s'appelait la semaine de "Jocker" : le "jocker" assurait
la continuité sur la semaine et les urgences, il était responsable de
l'organisation générale de l'équipe sur la semaine, au plan matériel et
clinique. C'était une sorte de capitaine de semaine qui pouvait faire, en
plus le troisième quand ça bardait et ça bardait souvent. On sortait de là
épuisé, perclus de responsabilités par dessus la tête. Etre Jocker était
une épreuve, c'était un peu le front. Les nouveaux ne faisaient pas le
"jocker" tout de suite, il y avait un baptème du feu. Puisque l'équipe se
composait en principe de seize personnes, mais il y avait les maladies et
les congés maternité, la fonction de Jocker revenait à peu près une
semaine tous les deux mois. C'était bien suffisant. Chacun pouvait placer
ses semaines lourdes ou légères "en astreinte", quand il devait habiter la
maison, ou "hors astreinte" quand il ne l'habitait pas, comme il
l'entendait à condition de respecter la trame. Cela donnait une souplesse
de travail que les nécessité d'occuper à deux la maison vingt quatre
heures sur vingt quatre et 365 jours sur 365 n'auraient pas laissé
présager. Il n'y avait ni secrétaire ni cuisinière ni femme de ménage :
quand on était "d'astreinte", on faisait le ménage et à manger, avec ou
sans les patients, souvent avec. Tout soigne, il n'y a pas de temps mort
et la nuit on dort. Les semaines d'astreinte chacun devait habiter la
maison un jour (de neuf heures à dix huit heures, seize heures) et une
nuit ( de dix huit heures à neuf heures le lendemain,huit heures), pas
forcément à la suite, ce n'était d'ailleurs pas recomandé. On pouvait
théoriquement dormir la nuit, si les patients le permettaient, mais les
urgences de l'hôpital pouvaient appeler à tout moments et ne s'en
privaient pas.
posted by grossmann |
6/11/2004
jeudi

Vu à la télé ce soir. Me demande
si je ne vais pas en faire une série...(en plus, il fallait être sacrément
patient avec cet escargot de blogger) posted by
grossmann | 6/10/2004
lundi
Un p'tit lien, comme ça, en
vitesse, pour la route... posted by grossmann
| 6/7/2004
vendredi
Blogger m'avertit que cette entrée est la cinq centième de Ciscoblog
(ça vaut bien une entrée) posted by grossmann
| 6/4/2004
N'oubliez pas de faire un petit
tour sur "days of my life" de temps en temps posted by grossmann | 6/4/2004
mercredi
je pense à
la nostalgie, celle qui ne sera jamais plus ce
qu'elle était. Elle m'assaille par vagues de plus en plus serrées, à cette
heure, ce jour, cette semaine, ce mois qui filent à la vitesse d'un
paysage à la fenêtre d'un wagon de chemin de fer. C'est comme un flot, une
marée montante, un cheval au galop. Aujourd'hui, nous nous étions assis
avec Nathan, comme nous le faisons presque tous les mercredis, depuis
qu'il est assez grand pour boire du café, à la terrasse du Rostand, qui
lui non plus n'est plus ce qu'il était (par exemple dans le film de Jean
Eustache, la "Maman et la Putain"), Les banquettes en moleskine verte ont
été remplacées par du mobilier en osier et la terrasse n'est plus fermée
par un aquarium, les tables sont plus serrées. Il n'y a plus de vieux
garçons en gilets mais des jeunes (et aussi de jeunes demoiselles) en jean
et veste noires. Le Rostand était un café sans style, mais chaleureux.
Maintenant il a du style, un mixed de colonial et de chalet suisse, et un
peu de chaleur en moins. Quoiqu'il en soit, le Rostand possède un grand
mérite : il existe encore. (imaginez que nous nous soyons donné
rendez-vous à la Bûcherie, par exemple.) Nathan m'a rappelé un souvenir de
son enfance : chaque mercredi je lui achetait "Mickey magazine". Je ne
m'en souvenais plus. J'ai fouillé dans ma mémoire, en vain. C'était comme
un champ de ruines. Je voulais retrouver une image du petit garçon d'alors
que je tenais par la main. J'ai fini, à force de me concentrer pendant
qu'il commentait nonchalamment la beauté des filles qui passaient devant
nous, à en inventer une, qui se distingue des vraies par son manque absolu
de relief : la maison de la presse de la rue Feray à Corbeil Essonne,
quand il avait huit ou neuf ans, après le conservatoire. Mais nous
n'allions pas acheter "Mickey Magazine" après le conservatoire, parce
qu'il était trop tard, c'était fermé, nous nous hâtions de rejoindre
Jérémie, son grand frère, affalé devant la télé et le début du journal de
treize heures et qui nous attendait pour déjeuner. On voudrait pouvoir se
souvenir de chaque minute où l'on tenait les petits garçons par la main,
on croit les tenir, ces minutes, mais elle sont du sable qui coule dès que
la main se referme. Je me souviens en revanche, que pendant tout un temps,
quand il avait huit ou neuf ans, nous allions nous promener au musée du
Louvre. C'était sa période "oeuvres d'art", il prononçait le mot avec
délectation comme le prototype d'un mot d'adulte, comme celui d'une langue
qu'il ne possédait pas encore tout à fait. A l'époque on pouvait encore se
garer devant l'Académie Française, mais les places étaient rares. Avec un
peu de ruse et persévérance on pouvait s'y glisser. Nous empruntions alors
la passerelle du pont de Arts main dans la main, nous arrêtions devant les
bateleurs et nous entrions la cour carrée qui est la plus belle cour du
monde (en hiver, à la nuit tôt tombée, l'éclairage la transforme en
château de contes de fées.) Nous nous attendions à voir surgir des
traines-rapières du temps de louis XIII enveloppés dans de grands manteaux
ou des ministres à fraise conspirateurs. Nous allions nous ébahir devant
l'immensité des noces de Cana et je l'emmenais à chaque fois revoir mon
tableau préféré, la "Diseuse de bonne aventure" du Caravage (il se
demandait bien ce que je lui trouvais, c'est encore un mystère pour lui
aujourd'hui.) Ensuite nous allions acheter un petit souvenir, le plus
souvent une carte postale (le maître d'école de Van Oestade, par exemple)
dans les nouvelles galeries souterraines de Peï. J'avais moi-même pour
souvenirs enfantins du Louvre ceux d'un bâtiment noir et froid, souvent
désert, mais infiniment attirant et mystérieux. J'avais rêvé de m'y perdre
et d'y rencontrer Belphégor (pas celle , nullissime, de Sophie Marceau
mais la vraie, celle de Juliette Gréco qui avait en son temps scotché la
France entière devant sa télé en noir et blanc.) Les nouvelles salles des
antiquités égyptiennes, mises en scène, théâtralisées, ont perdu leur
poussière, leur désordre, et les menaces tapies au fond des tombeaux ne
font plus frissonner. Côté peinture, les Rubens qui m’affolaient à dix
ans, comme les grosses glaces à la crème, sont encore mieux en chair dans
la salle Médicis que dans celle des Etats. posted
by grossmann | 6/2/2004
Pensée de la nuit N°64
"Les idées sont
impropres à l'agonie. Elles meurent, c'est entendu, mais sans savoir
mourir, alors qu'un évenement n'existe qu'en vue de sa fin. Raison
suffisante pour qu'on préfère la compagnie des historiens à celle des
philosophes." Cioran, De l'Inconvénient d'être né. posted by grossmann | 6/2/2004
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