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jeudi Pensée de la nuit N° 34 : "La vache est un animal qui a environ quatre pattes qui descendent jusqu'à terre" Jacques Roubaud, les animaux de tout le monde (via "notules dominicales", enfin, à peu près...) posted by grossmann | 7/31/2003Un petit tour, ce soir, dans la vallée de mes liens (la LCD, pour les intimes, mais on peut la re-baptiser la LVML si vous voulez). Décidément j'aime beaucoup days of my life : je vous en ramène deux légendes de photomontages nostalgiques (cliquez pour voir les images, l'état de ma connexion ne me permet pas encore d'éditer des images. Patience, patience dans l'azur, etc.) Voici la première, dont, tout compte fait, je ferais bien ma devise : Three o'clock il the morning is always too late or too early for anything you want to do et la seconde qui ne déparerait pas non plus le tablier de ma cheminée : And earth changes from pain to pain ; et ça aussi, en flash, via la toujours charmante Mes Lubies qui broie un peu de noir en ce moment, enfin, je trouve, un peu, ce que j'en dis, hein... Bonsoir posted by grossmann | 7/31/2003mardi Piège à Francis Grossmann lundi Georgie, le cousin germain de ma mère, est vraiment un drôle de type. Avec ses cheveux longs un peu sales, ramenés en queue de cheval, il ressemble à un baba attardé. Il a tout de même soixante quatorze ans. Dans les rue de Manhattan, avec ses sacs en plastique au bout des bras, sa parka verdâtre usée jusqu'à la corde, on se demande s'il n'est pas un de ces sans abris en passe de perdre toute dignité. Très franchement, on pourrait le prendre pour un clochard. Mais c'est un genre qu'il se donne. Il cultive le côté "savant cosinus" avec beaucoup de bonheur, si on peut dire. A tel point qu'il en oublie de changer de vêtements ou de se laver les cheveux... Mais on peut aussi le voir en veste à larges carreaux orange avec un nœud papillon de clown, son costume de professeur de magie, ce qui, soit dit en passant, ne surprend personne dans les rues de Manhattan. car en plus d'être un mathématicien de haut niveau, le cousin Georges est un magicien respecté. C'est qu'il "enseigne même" la magie, et parfois, on peut le voir se hâter vers son école de magie pressé comme le lapin d'Alice. C'est un drôle de type, Georgie, vraiment. Manhattan n'a aucun secret pour lui, il arpente la ville à longueur de journées pour trouver toutes sortes d'objets insolites. Un jour, il nous a entraînés dans une véritable odyssée à la recherche d'un passe-lacet que nous avons fini par trouver dans une mercerie chinoise complètement improbable d’Houston street. Je vous jure que ça vous fait voir Manhattan sous un jour autrement plus intéressant que touristique. Il insiste toujours pour nous faire marcher des miles en direction des quatre points cardinaux pour trouver l'Objet rare, c’est-à-dire le moins cher de la ville. Il est capable d'une énergie incroyable pour économiser quelques cents (au risque d'en dépenser cent fois plus en transport en commun). Pour lui, on dirait que New York reste cette jungle des années trente, où il fallait être sinon le plus fort, au moins le plus débrouillard pour survivre et il ne voudrait pour rien au monde manquer à sa réputation de grand malin. Car, derrière sa modestie ostentatoire (y compris vestimentaire comme je l'ai dit) c'est un incorrigible orgueilleux. C'est cet orgueil qui l'a empêché d'accéder au statut de mathématicien célèbre auquel ses dons lui promettaient de parvenir. Bien qu'il ait enseigné dans plusieurs universités prestigieuses, qu'il ait fait sa thèse de Doctorat avec Louis de Broglie lui-même, qu'il ait côtoyé les plus grands, par exemple Richard Feynman, Benoît Mandelbrot et son père, Grothendieck, le petit jeunot, le bourbakiste dissident, (mais celui là, il ne faut pas lui en parler, il tient pour un mauvais, allez savoir pourquoi), en Californie, Lebedev le russe (qui claquait des talons quand il se présentait) Meyer ou Weill (son homonyme) à Columbia et quelques autres à Princeton dont Albert Einstein soi-même, il n’est jamais parvenu à la véritable gloire. Il a beau dire, il en garde une certaine aigreur. Le récit de sa rencontre avec Einstein est d’ailleurs à l’image du personnage. Cela se passe sur le campus de la célèbre université de Berkeley, en Californie, où, tout jeune docteur et brillant physicien français, il vient de débarquer. Nous sommes en 1956 très exactement. Nous sommes aussi très exactement à l’intérieur de la cafétéria du campus, et il y pénètre à la suite d’un cours, accompagné de je ne sais plus quel collègue un peu plus âgé que lui, et qui, pour l’heure lui sert de guide et lui montre les lieux. Il y a des tables, avec des étudiants bruyants, et, au fond, une longue paillasse donnant directement sur la cuisine américaine, comme de juste, avec des tabourets, sur deux desquels il aperçoit, et il en frissonne encore en le racontant, le génial chevelu prix Nobel, ses célèbres sandales aux pieds, en compagnie de sa deuxième épouse, qui prend son déjeuner là, par hasard. Son collègue, le plante là et va saluer familièrement le grand homme qui lui montre un tabouret vide et l’invite à s’asseoir. Lui, il reste pétrifié de respect au fond de la cafétéria et n'ose se mêler à la compagnie. C’est tout. Voilà à quoi se résume les relations de mon cousin Georges et d'Albert Einstein. C’est une non-rencontre. Il prend beaucoup de plaisir à nous raconter son insignifiance. Il savoure aussi notre déception, comme on le ferait à l'énoncé de certains résultats mathématiques inattendus et mystérieux, incontestablement justes mais déconcertants, étranges. D'autant que la chute de l'histoire nous fait basculer dans le pur fantastique : Georges est certain que la scène se passe en 1956, année où il posa le pied en Californie, il est certain aussi de la réalité incontestable de la scène, banale somme toute. Il ajoute, en forme de coup de théâtre final, que ce qui est certain aussi, et vérifié par la Grande Histoire, c'est que Albert Einstein est mort en 1955. Georges n'a donc pas pu rencontrer Albert Einstein dans la réalité, et pourtant la banalité même du souvenir atteste de sa vivacité et sa permanence. Mystère, mystère. Fausse reconnaissance, due au désir exacerbé de la rencontre ? Ou bien, pourquoi pas, rencontre réelle avec un ectoplasme, dans une expérience surnaturelle ? Entre la simple méprise et l'hallucination, entre la réminiscence et la réincarnation, depuis tout ce temps, mon cousin Georges ne s'est encore pas résolu à décider. Je le vois encore, enfoncé dans son canapé du 625 Main Street, Roosevelt Island, New York New York, les yeux clos levés vers le plafond, et une moue dubitative sur les lèvres. Peut-être que les grands scientifiques ("grands" comme on dit "grands malades") ne s'acharnent à comprendre la "réalité cachée" du monde que pour échapper à la grande angoisse qu'ils ont de le découvrir essentiellement surnaturel. posted by grossmann | 7/28/2003vendredi Courte histoire de Patricia jeudi Je me souviens de notre premier poste à transistors. On pouvait le transporter partout où on allait. Cela n'était pas rien. posted by grossmann | 7/24/2003lundi Pensée de la nuit N° 33 : "Non que j'ai oublié Hanna. Mais au bout
d'un certain temps, mon souvenir d'elle cessa de m'accompagner. Elle resta
en arrière comme une ville quand le train repart. Elle est là, quelque
part derrière vous, on pourrait s'y rendre, et s'assurer qu'elle existe
bien. Mais pourquoi ferait-on cela ? " Bernard Schlink, le
Liseur. samedi Coucou ! je profite de mon passage sur un ordinateur d'emprunt pour vous donner de mes nouvelles. Moi, globalement ça va. Mais, pour tout dire, le déménagement n'a pas du tout réussi à l'ordinateur ni à la connection internet! J'en suis encore à me gratter le crâne pour savoir comment tout arranger. Mais, surtout ne vous découragez pas, CISCOBLOG sera bientôt de retour, encore plus beau et encore plus intéressant! posted by grossmann | 7/19/2003 |
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