| CISCOBLOG LE SITE D'UN GRAPHOMANE IMPENITENT ET INTERMITTENT |
samedi Pensée du jour N° 50 : (ce sera une question) "Trouver une surface
dans l'espace à quatre dimensions qui ne contienne aucune courbe plane"
David Madore, David Madore' s weblog Une réaction (tout de même...) : jeudi Une petite merveille de site pour ce soir. C'est juste un site de publicitaires, mais comment qu' il est beau, j't'e dis pô ! posted by grossmann | 11/27/2003mercredi
samedi Un petit lien très érudit pour ce soir. A la lecture de la rubrique "jargon normalien" je m'aperçois que le monde n'a pas beaucoup changé en trente ans : au début des années soixante dix, j'escaladais la montagne Sainte Geneviève une fois par semaine pour rejoindre mes copains Alain et François qui n'étaient pas cothurnes, et pour cause, puisque le premier était cloutard, au pot de l'école. Nous n'avoins ernestisé personne encore mais je me souviens d'avoir aperçu dans l'Aquarium un élève beau comme le jour. Je n'ai pas pu m'empêcher de demander son nom. Ce n'était ni un archicube ni un tala. C'était guy Hocquengueim. Je me souviens de Guy Hocquengueim quand il avait vingt ans (et moi aussi). Je ne laissera jamais Paul Nizan dire que ce n'est pas le plus bel âge de la vie. Si vous ne comprenez pas tout, cliquez sur le lien. Pour ce qui est de Paul Nizan, allez voir à Aden, Arabie. posted by grossmann | 11/22/2003Pensée de la nuit N° 49 : "Mais la puissance de l'oubli est terrifiante. Comme un torrent, il emporte avec nous notre passé vers des rapides qui l'engloutissent et le broient. On n'a guère le temps de sauver que quelques objets, sans faire le tri, de les traîner sur la berge, à l'abri. Ce qui est épargné est intact, ou presque, et, si l'image jaunit, elle conserve sa netteté. Mais l'ampleur de ce qui a disparu est si énorme qu'il n'est pas possible d'en faire le compte. Au bas de la chute, les eaux bouillonnent et grondent, avant de s'apaiser définitivement. Alors, parfois, à la surface de cette lagune sombre et impénétrable brillent des reflets aux tonalités familières, mais si faibles, si inconsistantes, qu'elles demeurent à peine visible à nos yeux, à peine audibles à nos oreilles, secrètes. Si l'on retourne les yeux vers la lagune, les tenèbres arrêtent le regard à la surface de l'eau tandis qu'au loin les échos de la chute continuent de marteler nos échecs." Jean Michel Becquié, Charles. posted by grossmann | 11/22/2003vendredi ...Pour les vacances de cette même et faste année, j'avais prévu de
rendre visite à ma grand-mère Tranqilina, à Aracata, mais c'est elle qui
dut venir d'urgence à Barranquilla pou se faire opérer de la cataracte. A
la joie de la revoir s'ajouta celle de recevoir en cadeau le dictionnaire
de mon grand-père. elle ne s'était jamais rendu compte qu'elle devenait
aveugle, ou ne voulait pas le dire, jusqu'au jour où elle avait été
incapable de se déplacer dans sa chambre. L'opération eut lieu à l'hôpital
de la Charité, fut rapide et avec de bons pronostics. Lorsqu'on lui ôta
ses pansements, ma grand-mère s'assit sur le lit, ouvrit les yeux radieux
de sa nouvelle jeunesse, son visage s'illumina, et elle résuma sa joie en
un seul mot : Des grues, des grues et des grues. Le site d'un anglais (ils sont fous ces anglais) fou de grues. Il faut de tout, n'est-ce pas ? (via "Ten years of my life", qui continue vaillamment.) Bonsoir ! posted by grossmann | 11/21/2003mercredi Des photos, JR, encore des photos. Elles sont vraiment très belles ! posted by grossmann | 11/19/2003dimanche D’abord il y a dans mon souvenir « Le songe d’une nuit d’été » de Shakespeare, autour de 68 , dans un cirque, peut-être le cirque Medrano ou bien le cirque de Montmartre. Premier choc, premier amour. Je ne m’en souviens plus beaucoup, pourtant. Un théâtre en rond, forcément, sur une piste de cirque (à l’époque il y avait un vrai théâtre en rond, de « boulevard », c’est à dire situé sur les grands boulevards à Paris, on y avait longtemps joué une adaptation d’ « Ouragan sur le Caine » mais ce n’était pas là) et de jeunes acteurs beaux et à demis nus, la piste recouverte de peaux de bêtes, des actions simultanées, une sensualité et une cruauté de tous les instants. Ensuite (parce que je m’en souviens mieux, mais peut-être avant), « La Cuisine, d’Arnold Wesker », ce chef d’œuvre absolu (je me rend compte à l’instant que j’ai complètement oublié « La Cuisine » en dressant la liste des merveilles.) C’est la cuisine d’un grand restaurant, d’un restaurant grand, je veux dire, pas celle d’une cantine, ni d’un restaurant universitaire, mais celle d’un restaurant qui marche, qui sert de très nombreux couverts à midi, et d’autres le soir, peut-être une brasserie comme le « Terminus Nord » ou le « train bleu » ou encore « La Coupole », un genre d’usine gastronomique. Sur scène, on ne voit que la cuisine : méticuleusement reconstituée pourrait-on dire, mais le « décor » n’est pas réaliste. C’est une épure de cuisine. Au fond, il y a les deux portes battantes à hublot qui donnent sur la salle où disparaissent les serveuses et les garçons, et à droite et à gauche, les paillasses, les plans de travail. Ce qui est méticuleusement reconstitué ce sont les gestes des cuisiniers, des maîtres d’hôtel, des serveurs : la hiérarchie subtile et la division des tâches de la cuisine d’un grand restaurant, véritable mécanique humaine. Ils sont une bonne trentaine en scène. « La cuisine » résume le monde : les hommes avec les femmes, les employés avec les patrons, les conflits et les instants de vrai amour, le travail, l’inanité du travail, le harassement , le poids des heures, la répétition des gestes. Il y a tout. Rien ne manque. Sauf la nourriture. Elle est invisible. Pourtant on la découpe, on l’écrase, on la mélange. on la pétrit, on la cuit. Il n’y a rien sous le couteau du boucher, il n’y a rien dans les casseroles ni dans les poêles. Mais on ne voir que ça : les morceaux de viande, les volailles qu’on farcit, les poissons qu’on écaille, les légumes qu’on épluches, les assiettes chargées de victuailles qui tanguent au-dessus des têtes. Cela n’a rien à voir avec le mime : on ne pourrait tout simplement pas jouer « La Cuisine », en temps réel, comme on dit maintenant, avec de la vraie (ou fausse) nourriture. Ce la serait matériellement impossible, imaginez seulement les problèmes d’intendance. Mais cette absence force à une observation et à une précision du moindre geste qui sont, en elles-mêmes, un vrai travail. Ce qu’on voit ce n’est pas l’objet du travail ou le produit en cours de transformation, mais le travail lui-même, nu, comme épuré de son objet. Tout se passe, en "temps réel" (le "temps réel est à la civilisation de l'onformatique ce qu'était la règle des "trois unités" pour Corneille et Racine) tout au long une journée ordinaire. L’arrivée des employés au petit matin, la mise au travail, Les livraisons, la lente préparation des ingrédients et la montée inexorable vers le « coup de feu » de midi qui est une scène d’anthologie, tout s’enchevêtre et accélère avec une précision virtuose, et quand on croit qu’on a atteint l’acmé ça accélère encore tant et si bien qu’on se met à applaudir le tour de force, mais on ne sait plus ce qu’on applaudit, le tour de force des acteurs qui nous montrent si bien ce que nous vivons nous mêmes tous les jours quand nous ne venons pas au théâtre ou bien le tour de force du travail lui même, qui enchaîne les hommes les uns aux autres, dans toute sa crudité. A la retombée, l’épuisement des acteurs est alors exactement celui de la vie de tous les jours, celui-là même que nous pouvons ressentir à la fin de notre propre journée de travail. Ils ne font pas que "jouer" la fatigue, il viennnet d'accomplir vraiment un exploit physique, un travail de force ; il n'y a plus de différence entre leur propre harrassement et celui de chacun de leur personnage. Nous nous mettons alors à aimer les acteurs, les aimer d’amour, parce qu’ils nous représentent, au sens propre, qu'ils nous montrent à nous-mêmes et que le théâtre, en cet instant magique a pu accéder à la vérité. Il y a deux acteurs épatants, Jean Claude Penchenat, qui joue le pâtissier, compagnon de toujours de Mnouchkine, qui fondera plus tard, au décours d’une de ces terribles scissions qui déchirera l’histoire du Soleil, le Théâtre du Campagnol dont nous verrons la première pièce à la cartoucherie « David Copperfield » avec Olivier Merlin ( Théâtre du Campagnol, le bal, Ettore Scola, c’est aussi le « coup de feu » dans ma mémoire) et un acteur allemand dont je ne me souviens plus du nom. Et puis il y aura « 1789 » et « 1793 », « L’Age d’or , première époque» à la Cartoucherie. D’autres merveilles. posted by grossmann | 11/16/2003mercredi Pensée de la nuit N° 48 :"Dans La Vie mode d' emploi, je donne cette définition, de Robert Scipion, "Du vieux avec du neuf", en onze lettres. La réponse est "nonagénaire". Du vieux avec du neuf, on est entraîné par le syntagme, on lie le vieux avec le neuf, on oppose vieux et neuf, alors que si on pense à quelqu'un qui est vieux, avec le radical neuf, on trouve, et il y a une grande jubilation, aussi bien quand on trouve ce type de définition que quand on le résout. C'est ce que j'aime dans les mots croisés" Georges Perec, Entretiens et Conférences II posted by grossmann | 11/12/2003mardi En vitesse, ce soir, ce court message "spécial copinage" : "La magistrature assise ment debout" posted by grossmann | 11/11/2003lundi Aviez déjà eu cette idée de parcourir toutes
les stations de métro de Paris en une seule journée ? On en compte 242
! C'est un problème de topologie mathématique (un peu comme l'énigme des
ponts de la ville de Koenigsberg) que ce jeune homme particulièrement doué
a résolu en trois coups de cuillère à pot : il a réussi le "Défi Métro" le
30 mai 2002. Question : ce jeune homme est-il un génie, ou bien tous les
élèves de l'Ecole Normale Supérieure sont-ils de cet acabi ? Je vous
recommande d'ailleurs TOUT le site dudit jeune homme
(voir en LCD, David Madore) sur lequel je viens de passer presque une
heure. De quoi être impressionné. un petit exemple : dimanche Pensée de la nuit N° 47 : "Mon univers est mort. Si j'écris, c'est pour pleurer sa fin" Arundhati Roy, l'écrivain-militant. posted by grossmann | 11/9/2003samedi je me souviens de "You Hou Rintintin !" posted by grossmann | 11/8/2003Fenêtre sur cour nouvelle série, N°1 mercredi Je vais enfin tout comprendre, me suis-je dit ! Le hasard fait bien les choses. La stochastique est une bien belle science (chacune des deux phrases précédentes est une traduction de l'autre.) Hier soir, avec Nathan, mon plus jeune fils, nous avions décidé, pour gagner du temps, de passer prendre des macdos pour le dîner. Vu que la file des voitures faisait déjà le tour du restaurant nous avons préféré, toujours pour gagner du temps, éviter le macdrive et nous présenter directement aux caisses, à pied. Au Macdo comme chacun sait, on fait la queue. La restauration rapide n'est pas, contrairement à ce qu'on croit, un service rapide. Il faut prendre l'expression au pied de la lettre : ce qui est rapide, c'est la restauration, c'est-à-dire, le fait de se restaurer. Mais je ne parlerai pas de la qualité de la restauration, de l'"être là" (là, dans mon estomac) de la restauration, comme dirait Heiddeger, ce n'est pas mon propos. Et puis cela friserait le mauvais esprit, voire la mauvaise conscience, comme dirait Sartre : si on va à Macdo, c'est qu'on accepte de jouer le jeu (sinon, on n'y va pas, on va dans un resto lent, où on paie après avoir mangé (parce que les restos lents acceptent de prendre des risques, ce que ne peut pas se permetttre Macdo) ou alors on se fait livrer des pizzas, par exemple, ce qui est aussi une forme de restauration rapide.) Mais si on va à Macdo, on fait la queue. Bon. Le jeu est le suivant : sachant qu'il y a quatre ou cinq files de clients aux heures de pointe dans un Macdo moyen, quelle file choisir pour aller plus vite ? Quelle stratégie choisir pour gagner un peu de temps ? Au fil du temps, j'ai élaboré deux ou trois martingales qui valent ce qu'elles valent. Par exemple entre la file d'un serveur garçon et celle d'un serveur fille (sic) je choisis en général la fille, parce qu'elle est plus dégourdie, en général. S'il n'y a que des garçons, je choisis toujours celui qui me semble le plus vieux, pour les mêmes raisons. S'il n'y a que des filles, c'est plus difficile, à cause de leurs minois, j'ai malheureusement tendance à choisir celle de la plus jolie, mais ça me consolera de n'avoir pas su choisir éventuellement la plus rapide. Une autre stratégie, assez communément pratiquée, si on n'est pas seul à faire la queue, est de se diviser en autant de groupes qu'il y a de files d'attente et de sauter au dernier moment tous ensembles sur la plus rapide, quand on arrive à la caisse. Si on est seul, on pratique alors le changement de file, comme dans les embouteillages en voiture. Cela demande beaucoup d'intuition, d'observation et de doigté. Il faut par exemple tenter de repérer les grosses commandes, qui prennent plus de temps, la grande soeur qui passe commande de huit Sundays caramel dont un au chocolat (resic) pour ses huit petits frères déjà assis en salle (savoir qu'un Sunday, c'est au moins cinq étapes : prendre un pot, verser la crème glacée, puis le caramel, puis les cacahuètes pilées, puis recouvrir du couvercle, ne pas oublier les cuilleres, ça fait six et j'en oublie), la maman qui demande six menus différents et qui oublie (elle aussi) de préciser qu'elle préfère la mayonnaise au ketchup dans le menu Deluxe, se méfier du grand duduche seul qui demande un simple hamburger mais sans les cornichons et sans la sauce car enlever les cornichons et la sauce d'un seul hamburger prend pratiquement autant de temps que de confectionner huit Sundays, éviter trop de vieux dans la même file parce qu'ils se font expliquer la composition de chaque menu par le menu et qu'en plus, il faut leur répeter parce qu'ils n'ont pas compris, etc. En réalité tout cela n'est qu'illusion. La durée d'attente au Macdo est une durée d'attente moyenne, un point c'est tout. Ce n'est pas parce qu'il y a plus de files qu'on attendra moins : il y a plus de files parce qu'il y a plus de monde. On attend autant sur cinq, voire six files, à midi un mercredi qu'un lundi à trois heures et demie sur une seule (c'est précisément qui me fait rager les lundis à trois heures et demie, bien que je le sache parfaitement.) C'est une loi mathématique. Hier soir, même en tenant compte de ladite illusion et du caractère éminemment psychologique de l'attente, nous avons été au dessous de tout : nous avons d'abord pris la file la plus courte (ce qu'il ne faut jamais faire : il y a toujours une mauvaise raison pour que la file soit la plus courte, en revanche, il peut très bien y en avoir de bonnes, et pas seulement le jolis minois de la serveur (reresic) fille, pour que la file soit longue), file courte qui était, qui plus était, celle d'un serveur garçon, et jeune, qui encore plus était, ce qui est très mauvais signe comme je l'ai déjà dit. Il était, ce garçon, d'une lenteur incroyable et ça n'avait absolument pas l'air de le gêner. Il se comportait dignement en travailleur déjà convaincu qu'on l'exploitait et qui n'en rajouterait certainement pas dans l'effort, par conscience pour ainsi dire syndicale. D'après Nathan c'était son premier soir. Sage explication. Nous avons donc patienté avec une indulgence de moins en moins compréhensive malgré tout au fil des minutes et des quarts d'heures. Le piège s'était refermé sur nous : les autres files s'étaient tellement mises à s'allonger qu'il n'était plus raisonnable d'en changer, alors que nos suivants pouvaient , eux tenter le coup, et, donc allonger les autres files, ce qui étrait d'ailleurs l'explication de leur anormal accroissement. Notre file restait la plus courte, ce qui n'était satisfaisant que pour l'esprit car elle n'avançait désepérément pas. Je me suis d'abord énérvé, comme d'habitude et mon fils a fait comme si nous n'étions pas ensemble, puis je me suis auto-accusé d'avoir mal calculé notre coup, comme d'habitude, et il m'a sermonné, parlé du pauvre jeune homme et de son salaire de misère et je lui ai répondu que tout de même et j'ai fini par me résigner, comme d'habitude (à chaque fois, je constate que le moment de la résignation dans une queue de Macdo ou dans un embouteillage est un grand moment de paix intérieure.) Nous avons pu poursuivre tranquillement notre conversation sur le cinéma avant d'arriver une bonne demie heure plus tard à la terre promise, la caisse. Nous avons, tout aussi tranquillement rejoint notre petite auto sur le parking, encombrés de nos sacs en papier craft trop pleins et des verres en carton de maxi-cocas qui commençaient déjà à fuir. Ce soir, en parcourant le net, j'ai trouvé ce site à Lemonde.fr. Je me suis dit que le hasard faisait bien les choses et que la stochastique était une bien belle science. Mais ne cliquez pas, vous allez pour ainsi dire rester sur votre faim : ce site est très mal fait. On n'y comprend rien. En tout cas moi, je n'ai rien compris. posted by grossmann | 11/5/2003samedi Je pense à |
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