| CISCOBLOG « Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou.» B.Pascal |
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jeudi ![]() Un coin de Mauleon Barousse posted by grossmann | 8/30/2007 vendredi Un haïku par bain, 53 et 54 Fondre dans l'eau chaude Et composer ce haïku dans le même instant A fleur d'eau tenue Entre le pouce et l'index C'est sa voix lointaine jeudi la
rentrée (prononcez distinctement à haute voix : c'est parfois très
laid, le français) la rentrée (oui, c'est laid) c'est aussi la rentrée
littéraire, ouf ! Jusqu'il y a un jour, le juillétiste célibataire que
je suis traînait son ennui d'après le travail dans les librairies
aôutiennes, aussi peu achalandées et aussi tristes que des grandes
surfaces de pays communistes. Depuis aujourd'hui, cette fin d'été
mouillé, que dis-je, dégoulinant, prend des allures de printemps : les
livres nouveaux se mettent à bourgeonner sur les étals. Et cela ne fait
que commencer, il va en fleurir un nombre certain au cours de l'automne
à venir. D'ailleurs les météos unanimes annonce du beau temps pour le
week end, enfin. Le jeudi a toujours été pour moi un jour de semaine un
peu plus supportable que les autres à cause du "Monde des livres", vers
17 heures (en grande banlieue). C'est dire la patience de sioux avec
laquelle j'ai guetté précisément ce jeudi d'aujourd'hui. Je suis passé
à la seule librairie digne de ce nom du département, mais aussi la plus
proche, cise dans un centre commercial très laid au nom sonnant comme
une publicité mensongère, "Art de Vivre", dans la zone industrielle de
Dor- euh - Corbeil, planté entre les voies d'un échangeur géant. J'en
cite d'ailleurs volontiers le nom car elle a bien du mérite : il s'agit
du "Verger des Muses", elle se reconnaîtra. J' y ai immédiatement fait
l'acquisition du dernier Philippe Forest, le "Nouvel amour" (Ah,
Philippe Forest : c'est très certainement l'écrivain français le plus
important depuis l'an 2000, j'en ai déjà parlé et
j'en reparlerai) je suis également tombé avec un plaisir surpris sur
"CV roman" de Thierry Beinstingel que je ne fréquentais jusqu'ici que là.
Je n'y ai pas trouvé non plus ce que le "Monde des livres" présente
comme la première pierre du projet - démesuré - de description
exhaustive de Paris, "Paris musée du XXI°siècle, le Dixième
Arrondissement", de Thomas Clerc et qui n'est pas sans rappeler une
certaine et modeste "tentative d'épuisement" voisine de ces lignes. En
tout cas je l'ai soigneusement noté sur mon calepin pour la prochaine
visite à "Compagnie", très bientôt...
posted by grossmann |
8/23/2007
mercredi Les chinois
sont des gens comme nous. Ils partent en vacances à la plage. La mer y
est brune et le ciel gris. Ils ont des bouées, ils ne sont pas des
champions de natation, ils courent devant des vagues qui leur mouillent
les talons, ils grelottent en sortant de l'eau et se sèchent avec des
serviettes pleines de sable.
posted by grossmann |
8/22/2007
dimanche Pensée de la nuit N° 121 : "Ce
que je serai dorénavant, ce ne sera plus qu'un demi-être : ce ne sera
plus moi : je m'échappe tous les jours, et me dérobe à moi : Singula de nobis anni praedantur euntes (les années qui passent nous volent les biens que nous avons un par un)" Montaigne, de la présomption
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8/19/2007
jeudi XIII°, première
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8/16/2007
Ce soir, deux bonnes heures après avoir écouté la conférence du jour de l'Université Populaire de M. Onfray sur Charles Fourier rue Charles Fourier, précisément, chez F., en sortant du restaurant Thaï de la rue de Tolbiac dont je ne me souviens jamais du nom mais dont l'entrée est flanquées de deux éléphants et sous le seuil fait de dalles de verre duquel s'ébattent des carpes Koï de belle taille, où nous avions diné d'excellents petits crabes mous au sel et au poivre (on croque dedans et un délicieux liquide vous envahit la bouche), F. et moi, donc, agréablement surpis par la douceur de la nuit en ce mois d'août pourri de 2007 pourtant propice à la promenade, avons marché en devisant vers la place d'Italie, avons descendu l'avenue des Gobelins presque déserte, l'avons remontée en devisant toujours puis, bifurquant à droite par le boulevard Blanqui et la rue des Cinq Diamants avons traversé la Butte aux Cailles avec ses cafés illuminés et leur jeunesse sage et gaie pour revenir à notre point de départ, rue des Peupliers. Nous faisions naguère, à peu près à la même époque de l'année, des marches similaires à travers Paris désert aux heures tièdes de la nuit en partant du même endroit situé entre le carrefour de Tolbiac et la place d'Italie. Mais nos pas alors plus vigoureux qu'aujourd'hui (et notre envie) nous emmenaient bien au delà des Gobelins vers le boulevard de la gare où nous rejoignions la Seine, que nous descendions alors par les quais jusqu'au boulevard Saint Germain (j'ai le souvenir qu'une nuit nous avions poussé jusqu'à la tout Eiffel mais je n'en suis pas sûr) pour revenir vers deux ou trois heures du matin, euphoriques et fourbus, dans le quartier des Peupliers qu'il habite encore. Ce soir notre modeste périple m'a tout de même valu une ampoule sous le pied gauche... Le temps file comme une flèche et les cochons volent comme des bananes. Sans aucun rapport avec ce qui précède, sauf que ce fut pendant cette promenade un des thèmes de notre bavardage, sachez qu'il est désormais possible de créer, sur le principe de SimCity, une ville virtuelle à visiter sur miniville.fr. Cliquez ici pour ajouter un habitant à Neodogma la ville virtuelle de Tristan M. et ici, si vous voulez en ajouter un à Dormeil où le célèbre Haltmann effectua ses 26 travaux... Merci pour eux ! mardi ![]() Une image d'henri Zerdoun découverte à travers "Tokyo-blog" qui semble avoir aluni à Paris dernièrement (un sacré bloggeur, lui, un peu intoxiqué mais chapeau tout de même !)
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8/14/2007
dimanche Douze, 11
posted by grossmann |
8/12/2007
Ainsi vécûmes-nous au "dix ter" durant quelques jours, dans le regret de notre jolie plaque émaillée perdue (victime sans doute d'un trafic international, elle ornait peut-être le sommet d'un porche dans les Émirats ou bien celui d'un milliardaire japonais qui l'avait achetée à prix d'or dans des ventes clandestines.) Souvent, en sortant, après avoir franchi notre porte d'entrée, nous retournions-nous, jetant un regard en l'air dans l'espoir qu'un remord du voleur aurait rendu à notre immeuble son originaire ordinal. Puis, nous nous résolûmes à installer au-dessus du porche une vulgaire plaque numérotée "12" en plastique. Nous savions bien que c'était contre l'âme de notre petite communauté douillette que le forfait avait été perpétré. La plaque évanouie était le symbole de notre solidarité et comme l'image d'un serment parjuré. Le fait même d'habiter au "Douze", appartenir à ce phalanstère sublime, faillit perdre son sel. Des envies cachées de zizanies germèrent. Nous imaginions notre voleur tapi dans l'ombre, un sinistre sourire à la bouche, se repaître de nos désarrois. Nous fîmes fièrement front : il n'y eut pas de désunion. Elle ne vint que bien plus tard. Nous conçûmes ainsi l'idée que l' auteur du canular devait être un candidat dépité, un communautaire éconduit, un raseur écarté, un révoqué, un banni voire un simple foutu à la porte. Et puis nous oubliâmes. Quelques mois plus tard, bien avant la fin des années soixante-dix, la plaque réapparut, lors d'une fête, sous un gâteau d'anniversaire. mercredi Ce
soir, je revois "Sarabande" le dernier film de Bergman à la télé. Ce
n'est pas un chef d'oeuvre. Il y a une longue scène entre Liv Ulmann et
une jeune actrice dont je n'ai pas retenu le nom, la petite fille de
l'ancien amant qu'elle était venue visiter dans sa maison perdue au
milieu des bois cinquante ans après leur histoire. La scène se passe
dans la cuisine. Il y a de longs monologues dont les thèmes tourmentés
et masochistes chers au maître suédois ont bien vieilli. Mon regard
décroche alors du visage des actrices filmées en plans américains et
vagabonde au hasard dans le décor adjaçant. Ainsi, derrière le visage
de l'icône du cinéma venu du froid vivante
figure un évier où traînent deux ou trois vieilles casseroles en fer
blanc. L'une de ces casseroles, à moitié cabossée est, détail qui tue,
retournée sur le fameux égouttoir en bois blanc pliable qu'on peut
toujours acheter à Lisses dans l'Essonne, chez IKEA .
posted by grossmann |
8/08/2007
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